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France Travail et les chômeurs : quand l’accompagnement tourne à vide

Une étude du Cnam dévoile le fossé entre les promesses d’un suivi personnalisé et la réalité vécue par les demandeurs d’emploi. Entre entretiens robotisés…

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France Travail et les chômeurs : quand l’accompagnement tourne à vide

Une étude du Cnam dévoile le fossé entre les promesses d’un suivi personnalisé et la réalité vécue par les demandeurs d’emploi. Entre entretiens robotisés et prestations standardisées, le système perd son sens.

Pendant deux ans, des chercheuses ont suivi de près 57 chômeurs et conseillers de France Travail, dans deux agences, à la ville comme à la campagne. Leur constat est sévère. Le soutien censé aider les gens à retrouver un travail est souvent inefficace, voire contre-productif. Les entretiens ressemblent à des contrôles de présence plutôt qu’à un vrai dialogue. Une conseillère confie que les rendez-vous sont trop rigides, laissant peu de place aux questions spontanées des inscrits.

L’étude rappelle que l’ancêtre de France Travail, l’ANPE, avait été créé en 1967 avec une mission claire. Il devait placer les chômeurs, en priorité les plus fragiles, grâce à un lien actif avec les entreprises. Mais avec la montée du chômage et les coupes budgétaires, l’organisme public a peu à peu changé de cap. Il s’est transformé en une vitrine d’offres d’emploi, un peu comme un site de recrutement. Résultat, l’accompagnement personnalisé n’est plus réservé qu’aux personnes jugées les moins autonomes. Les autres doivent se contenter de stages ou d’ateliers standardisés comme “Prépa compétence” ou “Valoriser son image professionnelle”. Ces formules sont souvent perçues comme des cases à cocher, sans vraie valeur ajoutée.

Les chercheurs pointent aussi un problème d’organisation. Depuis 2013, les conseillers ne travaillent plus par secteur d’activité. Ils gèrent soit un portefeuille d’entreprises, soit un portefeuille de demandeurs d’emploi. Cette séparation les empêche de bien connaître les deux mondes. Des chômeurs racontent avoir reçu une première convocation trop tard, ou une orientation incomprise, vers l’insertion par l’activité économique par exemple. Certains ont été tellement déçus qu’ils ont cessé de compter sur France Travail et se débrouillent seuls, via leur réseau. Mais d’autres n’ont pas ce luxe. Pour eux, le service public est la seule porte, et elle reste souvent fermée. L’étude suggère donc de repenser les missions des conseillers et de renforcer leur formation, pour qu’ils puissent mieux connaître le marché du travail et nouer des liens réels avec les recruteurs.

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