Faits Divers
Quinze ans de galère judiciaire les victimes de Finaxiome crient leur colère
Le procès de quatre anciens dirigeants de la société immobilière Finaxiome s’est ouvert lundi à Amiens. Après quinze années de procédure, les parties…


Le procès de quatre anciens dirigeants de la société immobilière Finaxiome s’est ouvert lundi à Amiens. Après quinze années de procédure, les parties civiles espèrent enfin obtenir justice, mais le premier prévenu interrogé a nié toute escroquerie.
Iskander Samaan n’a pas mâché ses mots à la barre du tribunal correctionnel d’Amiens. Ce sexagénaire, lunettes et petite moustache, fait partie des quelque trois cents personnes qui ont investi dans les programmes de Finaxiome. Il raconte avoir été séduit par le « package » d’un commercial pour l’achat d’un appartement sur plan, avec des promesses de défiscalisation. Très vite, le rêve s’est brisé. La résidence a été livrée en retard et les intérêts de son prêt se sont accumulés. Aujourd’hui, il évalue sa perte à environ 200 000 euros. « J’aimerais pouvoir dire à mes petits-enfants qu’on vit dans une société où les fraudeurs sont condamnés », a-t-il lancé, la voix tremblante de colère.
Derrière lui, une quarantaine de parties civiles assistent au procès, parfois en soupirant ou en riant jaune. Parmi elles, Martine Coustre, jeune retraitée du Pas-de-Calais. Avec son mari, elle avait investi dans ce qu’on lui présentait comme un placement « clé en main » pour se constituer une épargne retraite. Mais le chantier est resté un « chantier fantôme ». Impossible de louer le bien, impossible de le revendre à plus de la moitié du prix d’achat. Elle n’a toujours pas fini de rembourser son emprunt. Son seul espoir aujourd’hui est que le procès débouche sur une indemnisation qui la libère de ses dettes. Pour elle, les prévenus ont tout simplement « ruiné des vies ».
L’affaire Finaxiome est tentaculaire. Fondée en 2003 à Amiens, la société a fait construire plus de quatre-vingts résidences partout en France. Des milliers de lots ont été vendus à des particuliers, en s’appuyant sur des dispositifs de défiscalisation alors en vigueur. Les placements étaient présentés comme sans risques, avec des loyers et des avantages fiscaux censés financer l’investissement automatiquement. Mais dès 2006, les difficultés financières sont apparues. Selon l’accusation, Finaxiome aurait détourné l’argent des nouveaux acquéreurs pour couvrir ses propres besoins, un système connu sous le nom de cavalerie financière. Le préjudice total est estimé à environ 15 millions d’euros par la présidente du tribunal.
Le premier prévenu à s’exprimer, l’ancien directeur des travaux, a tenté de se dédouaner. Il assure ne pas avoir eu connaissance des attestations falsifiées d’avancement des chantiers, malgré sa signature électronique sur ces documents. Il explique qu’il s’agissait d’un mécanisme automatique et qu’il ne pouvait vérifier la réalité des travaux, trop nombreux et trop éloignés. Ses réponses ont fait soupirer l’audience. De leur côté, les avocats des quatre prévenus comptent plaider la relaxe. Ils reconnaissent des « déficiences », mais pas d’intention frauduleuse. Selon eux, la crise financière de 2008 et l’abrogation d’une loi sur la défiscalisation sont les véritables responsables des déboires de l’entreprise. Le procès doit durer jusqu’à vendredi, peut-être lundi prochain.
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