Planète
Bavi le super typhon qui frappe avec la force d’un ouragan de catégorie 5
L’île de Rota, dans le Pacifique nord, se prépare à affronter un monstre. Le super typhon Bavi approche avec des vents de 290 km/h et des vagues hautes…


L’île de Rota, dans le Pacifique nord, se prépare à affronter un monstre. Le super typhon Bavi approche avec des vents de 290 km/h et des vagues hautes comme un immeuble.
Lundi matin, les habitants de Guam et des îles Mariannes du Nord ont vu le ciel s’assombrir et les premières rafales s’abattre. Le super typhon Bavi, décrit comme catastrophique, a changé de trajectoire dans la nuit pour foncer directement sur Rota, une petite île peuplée d’environ 1 500 personnes. Le service météorologique américain prévient que si le cyclone passe au-dessus de Rota ou à proximité, l’île pourrait devenir inhabitable pendant des semaines, voire plus. Les vents approchent les 290 km/h, avec des pointes à 350 km/h. À titre de comparaison, un ouragan de catégorie 5, le maximum sur l’échelle de Saffir-Simpson, dépasse les 252 km/h.
Les dégâts annoncés sont terribles pour les habitations les plus fragiles. Les maisons qui ne sont pas en béton ou non renforcées risquent d’être pulvérisées avec des toits arrachés et des murs effondrés. Les autorités s’attendent aussi à des inondations massives à cause des pluies torrentielles et de la submersion côtière. Des vagues pouvant atteindre 10,7 mètres, soit la hauteur d’un immeuble de dix étages, déferleront sur le littoral. En mer, les conditions deviennent extrêmement dangereuses. Le maire de Rota, Aubry Hocog, a appelé la population à prendre les précautions nécessaires et à se serrer les coudes pour protéger familles et voisins.
Sur l’île voisine de Guam, qui compte 170 000 habitants, la vie s’est figée. Dimanche déjà, les rues étaient presque vides et la police patrouillait pour rappeler la vigilance. Une touriste japonaise de 25 ans, Miku Sakurai, a vu son vol pour Tokyo annulé à cause du typhon. Elle reste enfermée à l’hôtel avec ses amis, la peur au ventre. Pourtant, sur une plage de la baie de Talofofo, une dizaine de surfeurs bravent les éléments pour profiter des vagues déchaînées. Les secours se préparent : la protection civile a approvisionné un centre de distribution avec plus d’un million de litres d’eau, 1,2 million de repas, des milliers de lits de camp et des générateurs. Cinq centres d’évacuation ont ouvert dans des écoles, avec une capacité de 1 900 places pour ceux qui vivent dans des logements vulnérables.
Ces territoires ne sont pas étrangers aux cyclones dévastateurs. En avril dernier, le typhon Sinlaku avait déjà plongé des dizaines de milliers de personnes dans le noir. En 2023, Guam avait subi les rafales destructrices du typhon Mawar. Cette fois, Bavi arrive dans un contexte particulier. L’Organisation météorologique internationale a annoncé vendredi que le phénomène El Niño a débuté dans le Pacifique tropical. Ce réchauffement anormal des eaux de surface modifie les vents et les précipitations à l’échelle mondiale. Il peut amplifier la puissance des cyclones. Pour les habitants de Rota et de Guam, l’heure est à l’attente et à l’angoisse, pendant que Bavi poursuit sa route.
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