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Le coup de tonnerre judiciaire qui menace Marine Le Pen et rebat les cartes de la présidentielle

A deux jours d’un jugement qui pourrait exclure Marine Le Pen de la course à l’Elysée, Edouard Philippe attaque le RN tandis que Jean-Luc Mélenchon se dit…

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Le coup de tonnerre judiciaire qui menace Marine Le Pen et rebat les cartes de la présidentielle

A deux jours d’un jugement qui pourrait exclure Marine Le Pen de la course à l’Elysée, Edouard Philippe attaque le RN tandis que Jean-Luc Mélenchon se dit prêt à battre n’importe quel candidat d’extrême droite. Entre tensions internes et calculs politiques, la présidentielle prend un tournant décisif.

Marine Le Pen retient son souffle. Mardi, la justice rendra sa décision en appel, et si une peine d’inéligibilité de plus de deux ans est confirmée, la triple candidate à l’Elysée devra laisser la place à Jordan Bardella. Dans ce climat tendu, Edouard Philippe n’a pas attendu le verdict pour charger. L’ancien Premier ministre, donné comme le mieux placé pour battre le RN dans les sondages, n’a pas prononcé un mot sur la future décision. Mais il a décoché des flèches bien ciblées. Le RN, selon lui, est un parti qui ne s’assume pas. Social dans le Nord, libéral dans le Sud, a-t-il lancé. Il a aussi taclé Jordan Bardella, qu’il décrit comme un converti au libéralisme, à l’Europe et au capitalisme, amateur de petits fours à Monte-Carlo, en référence à sa présence au Grand Prix de Monaco avec sa compagne princière. De l’autre côté, Marine Le Pen dit l’inverse et se revendique la porte-voix des classes populaires. Un double discours qui, selon Philippe, révèle les contradictions du parti.

De son côté, le Rassemblement national joue l’unité coûte que coûte. Samedi, lors d’un banquet champêtre à Liévin, dans le fief de Marine Le Pen, les deux têtes du parti ont multiplié les gestes de complicité. Accolade appuyée, baiser sur la joue, déclarations de soutien total et d’immense confiance. Marine Le Pen a promis de ne jamais se décourager, de lutter jusqu’à la victoire. Mais la décision du 7 juillet pourrait bien rebattre les cartes. Car Jordan Bardella, à 30 ans, est jugé plus fragile que celle qui a déjà trois campagnes présidentielles à son actif. Un poids super-léger face à un poids lourd, résume le maire PS de Saint-Ouen Karim Bouamrane. Ses adversaires mettent en avant sa jeunesse, son inexpérience et son inconsistance supposée.

Jean-Luc Mélenchon, lui, ne doute pas de sa capacité à éliminer le candidat du RN, quel qu’il soit. Peut-être même dès le premier tour, assure-t-il. En 2022, 420 000 voix le séparaient de Marine Le Pen pour accéder au second tour. Cinq ans plus tard, il croit pouvoir renverser la tendance. Si ce n’est pas le cas, il est certain de battre l’adversaire au second tour, car la France n’est pas un pays raciste, suprémaciste ou islamophobe, selon lui. Interrogé sur ses préférences entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, Mélenchon refuse de choisir. Ce n’est pas une affaire de goût personnel. Quant à la crainte que Bardella siphonne les voix des jeunes, il balaie d’un revers de main. Les jeunes ne se déterminent pas sur les apparences, et il n’est pas candidat pour être leur copain mais pour être président. Fabien Roussel, réélu à la tête du PCF, préfère ne pas se mêler des pronostics. Il n’a pas envie de parler du RN, qu’ils lavent leur linge sale entre eux, lance-t-il. Le temps des calculs est ouvert.

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