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Guam retient son souffle face à un mur d’eau de dix étages

Le super typhon Bavi fonce sur les îles du Pacifique avec des vents à plus de 260 km/h. Les habitants barricadent leurs maisons et leurs restaurants…

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Guam retient son souffle face à un mur d'eau de dix étages

Le super typhon Bavi fonce sur les îles du Pacifique avec des vents à plus de 260 km/h. Les habitants barricadent leurs maisons et leurs restaurants, tandis que les autorités distribuent des millions de litres d’eau et de repas.

Sur l’île de Guam, les rues sont presque vides ce dimanche. Les pluies battantes et les bourrasques annoncent déjà l’arrivée du super typhon Bavi, classé comme particulièrement dangereux par les services météorologiques américains. Avec des vents soutenus équivalents à un ouragan de catégorie 5 et des rafales qui pourraient dépasser les 300 kilomètres par heure, le phénomène doit toucher terre tôt lundi matin. Les vagues, elles, pourraient atteindre près de 11 mètres de haut, soit la hauteur d’un immeuble de dix étages. Les autorités prévoient des inondations massives, des submersions côtières et des dégâts qualifiés de catastrophiques près de l’œil du cyclone.

Dans les boutiques et les maisons, l’angoisse se mêle à la résignation. Pinky Cubacub, une restauratrice de 55 ans, s’est levée samedi à l’aube pour acheter du contreplaqué. Elle a dépensé 500 dollars pour barricader les fenêtres de son établissement. Elle raconte que chaque jour sans activité est une perte douloureuse, surtout pour un commerce tout juste ouvert. De son côté, Arabella Paulino, employée dans un centre d’appels, essaie de rassurer ses filles en misant sur la solidité de sa maison en béton. Elle espère que le pire sera un carreau qui vole en éclats. Sur la plage de Talofofo, pourtant, une dizaine de surfeurs bravent l’alerte et décrivent des vagues idéales malgré les débris dans l’eau.

Les autorités locales ne prennent aucun risque. Des centres d’évacuation ont ouvert dans cinq écoles, capables d’accueillir près de 2 000 personnes, surtout celles qui vivent dans des habitations fragiles. Des équipes de secours ont déjà déployé des stocks massifs plus d’un million de litres d’eau, plus d’un million de repas, des milliers de lits de camp et des générateurs. Aux îles Mariannes du Nord, sur l’île de Saipan, les files de voitures s’allongeaient samedi devant les stations-service. Les habitants faisaient aussi le plein de planches, de nourriture et d’eau en bouteille. Ce territoire de 40 000 habitants et le voisin Guam, avec ses 170 000 âmes, connaissent bien la violence des typhons en avril dernier, Sinlaku avait déjà privé des dizaines de milliers de personnes d’électricité et arraché des toits. L’an passé, Mawar avait dévasté une partie de l’île. Cette fois, le super typhon Bavi arrive dans un contexte météo particulier. Le phénomène El Niño, qui réchauffe les eaux du Pacifique et modifie les régimes de vents et de pluies à l’échelle planétaire, est officiellement déclaré depuis quelques jours. Sur place, l’heure est à l’attente. Les vols ont été annulés, comme celui de Miku Sakurai, une touriste japonaise de 25 ans qui devait rentrer à Tokyo. Elle confie sa peur, mais se prépare à rester confinée à l’hôtel. Pour les habitants, le mot d’ordre est simple tenir, et espérer que les protections tiendront.

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