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Londres mise gros sur ses soldats du futur

Le Royaume-Uni débloque près de 300 milliards de livres pour moderniser son armée d’ici quatre ans. Drones, sous-marins nucléaires et une marine repensée…

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Londres mise gros sur ses soldats du futur

Le Royaume-Uni débloque près de 300 milliards de livres pour moderniser son armée d’ici quatre ans. Drones, sous-marins nucléaires et une marine repensée sont au cœur d’un plan qui fait débat.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a présenté mardi un vaste programme d’investissement dans la défense. Malgré son départ annoncé de Downing Street, le chef du gouvernement a tenu à dévoiler ce plan depuis le site d’un fabricant de drones dans le sud de l’Angleterre. Objectif annoncé : adapter les forces britanniques aux menaces actuelles, en s’inspirant des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Le texte prévoit une enveloppe de 5 milliards de livres pour des drones de déminage et des drones d’attaque à bas coût. Il consacre aussi 63 milliards à la dissuasion nucléaire et 11 milliards pour reconstituer les stocks de munitions. La Royal Navy, elle, doit devenir une marine « hybride » mêlant navires traditionnels et bateaux autonomes pilotés par intelligence artificielle.

Ce plan, pourtant salué par le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte comme un pas vers l’objectif de 3,5% du PIB consacré à la défense, ne fait pas l’unanimité. Plusieurs critiques fusent. L’ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait démissionné en accusant le gouvernement de ne pas débloquer assez d’argent, rappelle qu’en 2030 le Royaume-Uni n’atteindra que 2,7% de son PIB pour la défense. Le général à la retraite Richard Barrons juge le plan sous-financé et trop tardif face à une menace qu’il estime immédiate. Même son de cloche du côté de l’opposition conservatrice et d’experts comme Bence Nemeth du King’s College de Londres, qui souligne que la majeure partie de l’argent va à des projets déjà prévus, pas à de nouvelles capacités.

Pour financer ce programme, le gouvernement a choisi de geler des chantiers dans l’énergie et les transports, après avoir déjà réduit l’aide internationale. Au total, 15 milliards de livres supplémentaires sont débloqués sur quatre ans, loin des 28 milliards réclamés par l’état-major. Pendant ce temps, d’autres pays européens comme l’Allemagne et la Pologne augmentent nettement leurs budgets militaires. Le spécialiste Bence Nemeth estime que le rôle du Royaume-Uni risque d’être moins important dans les cinq à dix prochaines années. Le plan Starmer, qualifié d' »héritage » par son auteur, devra être mis en œuvre par son successeur attendu mi-juillet. Un pari ambitieux, mais déjà contesté.

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