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La peur au ventre face à l’incendie géant

Plus de 4 600 hectares ont brûlé dans les Pyrénées-Orientales. Des milliers de personnes ont dû évacuer, certaines sans savoir si leur maison existe…

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La peur au ventre face à l'incendie géant

Plus de 4 600 hectares ont brûlé dans les Pyrénées-Orientales. Des milliers de personnes ont dû évacuer, certaines sans savoir si leur maison existe encore.

C’est un paysage de désolation qui s’étend derrière le pont d’Ille-sur-Têt. Des arbres calcinés, des débris noircis, des carcasses de voitures alignées comme des squelettes. L’incendie qui ravage la région depuis samedi ralentit lundi, mais il a déjà parcouru plus de 4 600 hectares. Les 5 000 habitants de cette commune ont été invités à quitter leur logement dimanche. Certains sont revenus pour tenter de sauver ce qu’ils peuvent, comme cet homme qui arrose sa façade au jet d’eau pendant que sa compagne charge les bagages. Ils sont partis, revenus, et repartent à contrecœur.

À Rodès, village voisin, le maire Marc Bianchini décrit une scène apocalyptique. Une vingtaine de maisons et une trentaine de véhicules ont été détruits. On dirait qu’on a reçu une bombe atomique, témoigne-t-il. Les routes sont coupées, les canadairs tournent au-dessus des collines pour larguer de l’eau. Franck Chevrel, 63 ans, montre sur son téléphone les images d’un garage en feu près de chez lui. Une habitante qui a préféré garder l’anonymat raconte l’enfer des fumées et des explosions de bonbonnes de gaz. Les gendarmes l’ont forcée à évacuer dimanche soir.

Au total, environ 10 000 personnes ont été appelées à quitter leur logement. Dans les centres d’accueil de Thuir et du Soler, des lits de camp ont été installés. Vanessa Alted, 43 ans, est arrivée en bus avec ses trois enfants. C’était très enfumé, des gens partaient à droite à gauche, un début d’apocalypse, dit-elle. Des équipes du Samu et de la Croix Blanche proposent un soutien psychologique aux évacués, certains en pleurs. L’adjointe au maire du Soler, Véronique Olier, résume la violence de la situation. Il y a des personnes ici qui ont perdu leur maison, explique-t-elle. Les magasins qui avaient ouvert lundi matin ont finalement baissé le rideau. Dans les rues, les gendarmes continuent d’inviter les piétons à partir.

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