Économie
Pigasse obtient un sursis pour sauver deux usines de papier
Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un ultime délai à l’offre de reprise de Fibre Excellence portée par Matthieu Pigasse. L’Etat est maintenant…


Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un ultime délai à l’offre de reprise de Fibre Excellence portée par Matthieu Pigasse. L’Etat est maintenant sommé d’agir pour éviter la fermeture définitive de deux sites historiques.
Les 660 salariés de Fibre Excellence retiennent leur souffle. Ce lundi, le tribunal de commerce de Toulouse a repoussé au 27 juillet l’examen de l’offre de reprise déposée par le financier Matthieu Pigasse. Un répit de dernière chance pour les usines de Saint-Gaudens et Tarascon, à l’arrêt depuis avril. À la sortie de l’audience, la direction actuelle a confirmé ce report. Mais le message des juges est clair : ce sera la dernière opportunité.
Concrètement, ce nouveau délai doit permettre de négocier avec l’Etat. Le directeur général de Combat Holding, Matthieu Levieille, a expliqué qu’il fallait demander à Paris des « ajustements techniques » pour sauver toute une filière. Car derrière les deux sites, ce sont aussi 5 000 à 10 000 emplois indirects qui sont menacés. Le problème ? Les conditions d’approvisionnement en bois, la réintégration des quotas CO2 et le prix de l’électricité. Sans un coup de pouce public, l’offre de reprise ne pourra pas garantir la rentabilité à long terme.
L’offre de Pigasse, déposée jeudi dernier, est massive. Près de 100 millions d’euros d’investissements, dont une reprise des actifs pour six euros symboliques (le groupe est divisé en six sociétés). Le plan de financement associe deux fonds régionaux d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, un pool d’investisseurs autour de Pigasse, une aide aux financements énergétiques (Sofiac) et des prêts de l’Etat et de banques. Le tout étalé en quatre phases jusqu’en 2035.
Mais le temps presse. Matthieu Levieille a indiqué que les échanges avec Bercy avaient été jusqu’ici trop limités. « On espère très vite reprendre les discussions », a-t-il insisté. De son côté, le délégué CGT Cédric Bye a appelé l’Etat à prendre ses responsabilités pour accompagner le repreneur. L’enjeu est aussi stratégique : ces usines produisent une pâte à papier unique en France, et une diversification vers de nouveaux types de pâte est envisagée. Une quarantaine de lettres d’intention d’acteurs de la filière bois soutiennent déjà le projet. Reste à savoir si Paris suivra.
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