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Le Hamas annonce quitter la tête de Gaza mais garde ses armes

Le mouvement islamiste a dissous son comité d’urgence pour faciliter la transition vers une administration civile. Israël crie à la ruse et refuse toute…

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Le Hamas annonce quitter la tête de Gaza mais garde ses armes

Le mouvement islamiste a dissous son comité d’urgence pour faciliter la transition vers une administration civile. Israël crie à la ruse et refuse toute avancée sans désarmement.

Cette annonce, faite lundi, marque un tournant symbolique. Après près de vingt ans de pouvoir dans la bande de Gaza, le Hamas décide de dissoudre ses instances dirigeantes locales. Objectif affiché permettre au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) de prendre le relais. Ce groupe de technocrates palestiniens, créé dans le cadre du plan de paix américain, doit gérer le territoire. Mais pour l’instant, le NCAG reste basé au Caire, Israël s’opposant à son déploiement sur le terrain. Le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre reste fragile. La première phase a permis des échanges de prisonniers, mais la deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien, est au point mort. Les forces israéliennes ont au contraire renforcé leur présence.

Le désarmement reste le nerf de la guerre. Le Hamas répète qu’il ne rendra pas ses armes tant qu’une administration palestinienne ne sera pas en place. Israël, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, qualifie la dissolution de ruse et insiste sur le plan Trump qui exige la démilitarisation totale de Gaza. Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, justifie la décision en affirmant vouloir priver Israël de tout prétexte pour poursuivre son agression. Mais pour le politologue Mkhaimar Abusada, c’est avant tout un geste symbolique. Le vrai blocage, c’est le refus de déposer les armes. Le Conseil de paix, à l’origine du NCAG, a d’ailleurs exhorté ce nouveau comité à prendre le contrôle des armes.

Sur le terrain, les Gazaouis restent sceptiques. Houssam Majed, un habitant de la ville de Gaza, parle de paroles en l’air. Selon lui, le Hamas contrôle toujours tout les points de passage, les ministères, la sécurité. Et c’est le peuple qui paie le prix. Depuis le cessez-le-feu, plus de mille Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé local. Côté israélien, l’armée déplore cinq soldats morts. La méfiance reste totale entre les deux camps, qui s’accusent mutuellement de violer la trêve. Le Hamas avait pris le pouvoir en 2007 après des affrontements avec le Fatah. Aujourd’hui, il fait un pas de côté, mais sans lâcher ses armes.

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