Monde
L’Otan met des milliards sur la table, mais Trump serre la vis
Les 32 pays membres se retrouvent à Ankara cette semaine. Au menu des discussions, des contrats colossaux pour la défense et des reproches de Washington…


Les 32 pays membres se retrouvent à Ankara cette semaine. Au menu des discussions, des contrats colossaux pour la défense et des reproches de Washington sur le déséquilibre des dépenses militaires.
Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, a annoncé lundi des contrats d’armement de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ces investissements doivent permettre à l’Alliance de se doter des équipements nécessaires à sa dissuasion. La promesse a été faite à la veille d’un sommet organisé à Ankara, en Turquie. Les annonces concrètes sont prévues mardi lors d’un Forum des industries de défense. Les 32 pays de l’Otan se réuniront ensuite mercredi pour un sommet crucial.
En toile de fond, la pression du président américain Donald Trump ne faiblit pas. Il accuse régulièrement les Européens de ne pas en faire assez. Trump a même dénoncé une relation « unilatérale » avec l’Otan. Il a illustré ses critiques avec un graphique montrant que les États-Unis investissent bien plus que les autres membres. « Ils n’étaient pas là pour nous », a-t-il lancé, en référence au refus supposé d’aider Washington dans la guerre menée avec Israël contre l’Iran. Ce contexte tendu pousse l’Otan à montrer les muscles.
De son côté, Mark Rutte a souligné que les dépenses militaires des Européens augmentent nettement. L’an dernier, les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20 % de plus que l’année précédente. Sur 2025 et 2026, cela représente 258 milliards de dollars d’investissements supplémentaires. Lors du précédent sommet à La Haye, les membres s’étaient engagés à consacrer au moins 5 % de leur PIB à la sécurité d’ici 2035. Rutte estime que l’Otan est « en très bonne posture », mais il attend des plans concrets et crédibles de la part des nations pour atteindre cet objectif.
Le soutien à l’Ukraine reste aussi au cœur des discussions. Rutte a promis que l’Otan ferait en sorte que Kiev reçoive tout ce dont elle a besoin pour défendre sa souveraineté face à la Russie. Il a appelé tous les Alliés à assumer pleinement leurs responsabilités. Enfin, un point plus discret a fait réagir des médias turcs d’opposition. Plusieurs journalistes se sont vu refuser l’accréditation pour le sommet. Interrogé sur ces restrictions, Mark Rutte s’est contenté de dire qu’il est important que les médias puissent assister en personne aux grands événements. Sans plus de précisions.
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