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Le pari fou du Charles de Gaulle tenir la distance en pleine tempête géopolitique
Pour protéger les intérêts français, le porte-avions a dû traverser l’Atlantique à toute allure. Un défi logistique sans précédent pour ravitailler en…


Pour protéger les intérêts français, le porte-avions a dû traverser l’Atlantique à toute allure. Un défi logistique sans précédent pour ravitailler en carburant et en vivres le navire et son escorte.
Au début du mois de mars, le porte-avions venait tout juste de quitter le port suédois de Malmö. La guerre éclatait alors entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Ordre a été donné au Charles de Gaulle de foncer vers la Méditerranée orientale pour défendre les intérêts de la France et de ses alliés. Résultat : 6 000 kilomètres parcourus en six jours seulement. Un exploit que le commandant du groupe aéronaval qualifie de défi logistique inédit pour la marine française. Le navire amiral, propulsé par réacteur nucléaire, n’a pas besoin de fioul. Mais ses frégates d’escorte, elles, en avalent des tonnes. Et à pleine vitesse, la consommation explose.
Pour tenir le rythme, le groupe a pu compter sur les points d’appui de Brest et Cherbourg. Les frégates françaises, néerlandaises, espagnoles ou italiennes se sont relayées pour se ravitailler sans jamais laisser le porte-avions sans protection. Un bâtiment ravitailleur de force, le Jacques-Chevallier, était intégré à la flotte. Mais en Méditerranée, la pression est montée d’un cran. Un ravitailleur espagnol, le Cantabria, a été appelé en renfort pour maintenir le flux de carburant. Un officier logistique parle d’un véritable cordon ombilical entre le porte-avions et ses sources d’approvisionnement. Sans lui, la mission s’arrête.
Avec ses 1 800 membres d’équipage, le Charles de Gaulle réclame aussi des vivres et du carburant pour ses avions. Deux escales en Crète, deux autres à Djibouti ont permis de regarnir les soutes. Mais le passage dans l’océan Indien, près du détroit d’Ormuz, a posé un autre casse-tête. Le blocage de cette voie stratégique a provoqué des pénuries de carburant dans toute la région. Djibouti est devenu l’unique point d’appui. Le Jacques-Chevallier effectuait des allers-retours, mais un seul ravitailleur ne suffisait plus. La marine a alors rappelé un deuxième bâtiment, le Jacques-Stosskopf, qui partait vers le canal de Panama. Il a dû contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance pour rejoindre le groupe. Ce déploiement est l’un des plus longs jamais réalisés par le Charles de Gaulle.
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