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Il a envoyé un dernier message avant d’être capturé. Sa femme l’a reconnu mort sur une vidéo russe.

Le 15 février 2024, Andriï Doubnytsky écrit à sa femme qu’il va être fait prisonnier. Deux jours plus tard, Lioudmyla découvre son corps parmi cinq…

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Il a envoyé un dernier message avant d'être capturé. Sa femme l'a reconnu mort sur une vidéo russe.

Le 15 février 2024, Andriï Doubnytsky écrit à sa femme qu’il va être fait prisonnier. Deux jours plus tard, Lioudmyla découvre son corps parmi cinq soldats abattus, dans une vidéo postée en ligne. Son histoire illustre une pratique devenue systématique selon Kiev et l’ONU.

Andriï Doubnytsky avait 25 ans. Blessé pendant la retraite ukrainienne d’Avdiïvka, dans l’est du pays, il était resté avec cinq camarades, espérant une évacuation. Le 15 février, il téléphone à sa femme Lioudmyla, 27 ans. Il pleure, il est nerveux. Quelques heures plus tard, il lui envoie un message : leur groupe allait probablement être capturé. Puis plus rien. Le 17 février, Lioudmyla tombe sur une vidéo publiée par un média russe. On y voit cinq corps dans une flaque gelée, rougie par le sang. Elle reconnaît son mari. La 110e brigade confirme la mort d’Andriï et d’Ivan Jytnyk, un autre soldat visible dans la même séquence. Elle accuse les forces russes d’avoir violé un accord qui devait permettre leur évacuation. Le Parquet ukrainien ouvre une enquête pour exécution de prisonniers de guerre désarmés.

Ce cas n’est pas un accident isolé. Depuis 2023, le nombre d’exécutions de captifs ukrainiens par les soldats russes augmente nettement. Un rapport de l’ONU de juin 2024 recense 129 cas vérifiés. Début 2025, l’organisation s’alarme d’une « nette recrudescence ». De son côté, le Parquet ukrainien a ouvert 116 enquêtes pour le meurtre de 306 militaires depuis 2022. Mais ces chiffres sont loin d’être exhaustifs. Les services de renseignement ukrainiens, qui collectent des informations plus rapidement depuis le front, dénombrent plus de 900 soldats tués dans plus de 340 incidents. Leur estimation : ces chiffres ne représenteraient qu’entre 25 % et 40 % de la réalité. Pour les enquêteurs, cette violence est délibérée. Les commandants russes donnent des ordres en ce sens, et le groupe Wagner, avant son démantèlement, a donné le ton en recrutant des détenus condamnés pour crimes violents. Les victimes sont souvent abattues par balles, parfois avec une extrême brutalité, comme des décapitations.

Les enquêtes sont très compliquées. Les zones de combat sont inaccessibles, et seuls cinq militaires russes ont été condamnés en Ukraine pour ces exécutions, dont deux par contumace. Le procureur Andriï Atamantchouk espère un jour « rendre justice » aux familles en leur donnant au moins les noms des assassins. Mais pour Lioudmyla Doubnytska, cela n’a plus de sens. « Je ne sais pas en quoi cela me soulagera, même si je sais un jour qui l’a fait », dit-elle, les larmes aux yeux. Elle a reconnu son mari dans une vidéo postée par ceux qui l’ont tué. Rien ne pourra changer ça.

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