Économie
Un mariage à 111 milliards de dollars qui fait trembler Hollywood
Douze États américains attaquent en justice le rachat de Paramount par Warner Bros Discovery. Ils redoutent des prix plus élevés et moins de choix pour…


Douze États américains attaquent en justice le rachat de Paramount par Warner Bros Discovery. Ils redoutent des prix plus élevés et moins de choix pour les spectateurs.
L’annonce est tombée lundi. Une coalition de douze États, tous dirigés par des démocrates, a déposé une plainte pour bloquer la fusion entre Warner Bros Discovery et Paramount Skydance. Le montant de l’opération est vertigineux, environ 111 milliards de dollars. Derrière cette offensive judiciaire, un homme mène la danse le procureur général de Californie Rob Bonta. Son argument est simple et tranché cette fusion, si elle aboutit, va faire mal au portefeuille des Américains. Selon lui, en réunissant deux des cinq plus gros distributeurs de films du pays, le marché risquerait de voir les prix grimper, la qualité baisser et le nombre de contenus fondre comme neige au soleil. « Dans ce pays, personne n’est au-dessus des lois », a-t-il lancé, promettant de défendre des marchés « libres et équitables, pas des marchés truqués ». Un message politique clair, adressé aussi bien aux géants du divertissement qu’à l’administration fédérale.
Car le timing est particulier. Mi-juin, le ministère américain de la Justice a donné son feu vert à l’opération. Après huit mois d’enquête, sa division antitrust a estimé que ce mariage n’allait « pas nuire à la concurrence ni aux consommateurs ». Bien au contraire, selon Washington, la fusion pourrait même « accroître la compétition » dans tout l’écosystème des médias et du divertissement, avec des retombées positives pour les travailleurs et le public. Résultat le ministère n’a imposé aucune cession d’actifs, aucun engagement. Mais les États plaignants ne l’entendent pas de cette oreille. Ils s’appuient sur la loi fédérale Clayton, qui interdit les regroupements capables de réduire fortement la concurrence. Leur plainte a été déposée devant un tribunal du nord de la Californie, et elle pourrait ralentir, voire faire capoter le deal.
De l’autre côté de l’Atlantique, l’air est aussi à la méfiance. Bruxelles doit rendre sa décision d’ici le 22 juillet. Paramount a déjà proposé des mesures correctives pour tenter d’obtenir le feu vert. Un porte-parole de l’entreprise s’est dit confiant, expliquant que ces engagements « répondaient directement et pleinement aux préoccupations » de la Commission européenne. Mais le dossier ne s’arrête pas là. Le Royaume-Uni, lui aussi, surveille de près. Le gouvernement a annoncé qu’il pourrait lancer une procédure plus lourde pour garantir la pluralité des médias. Bref, ce mariage à 111 milliards de dollars est loin d’être scellé. Entre les intérêts économiques, la régulation et la défense des consommateurs, le feuilleton ne fait que commencer.
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