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L’incendie qui ravage Fontainebleau réveille le passé de la forêt des rois

Un feu hors norme a brûlé 800 hectares dans la plus fréquentée des forêts françaises. Retour sur l’histoire unique de ce massif, sanctuaire de…

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L'incendie qui ravage Fontainebleau réveille le passé de la forêt des rois

Un feu hors norme a brûlé 800 hectares dans la plus fréquentée des forêts françaises. Retour sur l’histoire unique de ce massif, sanctuaire de biodiversité menacé par le changement climatique.

Lundi matin, un incendie d’une rare violence a traversé la forêt de Fontainebleau. Il a dévoré 800 hectares sur les 25 000 que compte ce poumon vert au sud-est de Paris. C’est le pire sinistre depuis ceux de 1921 et 1945. Un rappel brutal que ce lieu de promenade et d’escalade, classé par l’Unesco, n’est pas à l’abri du feu. Pourtant, les pompiers y sont préparés.

Cette forêt a une histoire longue de plusieurs millions d’années. Elle fut un océan il y a 30 millions d’années. En se retirant, la mer a laissé du sable qui s’est transformé en rochers de grès. Ces chaos rocheux font aujourd’hui le bonheur des grimpeurs du monde entier. Les humains y ont laissé leurs traces depuis la préhistoire plus de 2 000 abris gravés ont été retrouvés. Autour de l’an mille, la zone devient domaine royal sous Robert II le Pieux. Elle servait alors de terrain de chasse à courre. Les sentiers en étoile tracés pour la chasse sont encore utilisés aujourd’hui par les pompiers pour accéder aux foyers d’incendie.

Au 19e siècle, la forêt s’est agrandie grâce à des plantations de pins, arbres peu exigeants capables de pousser dans le sol sableux. L’arrivée du train en 1849 a transformé la balade en forêt en loisir de masse. L’école de Barbizon a immortalisé ces paysages. Aujourd’hui, Fontainebleau accueille entre 15 et 18 millions de visites par an. Sa biodiversité est exceptionnelle avec plus de 6 500 espèces animales connues. Mais le feu reste un danger permanent, mentionné dès le 13e siècle. Des pylônes de surveillance, des citernes d’eau et même un système de détection par IA aident désormais à intervenir vite. La réserve intégrale de 1 000 hectares, où l’homme n’intervient pas, a été touchée par l’incendie. Un signal d’alarme pour ce patrimoine naturel unique.

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