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Forêt de Fontainebleau en flammes, des villageois racontent leur nuit d’angoisse

À 60 kilomètres de Paris, un incendie a dévoré 800 hectares de forêt en une nuit. Valérie et Daniel ont dû évacuer leur maison avec leurs animaux, médusés…

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Forêt de Fontainebleau en flammes, des villageois racontent leur nuit d'angoisse

À 60 kilomètres de Paris, un incendie a dévoré 800 hectares de forêt en une nuit. Valérie et Daniel ont dû évacuer leur maison avec leurs animaux, médusés de voir le feu si proche de chez eux.

C’est une scène que l’on associe souvent au sud de la France, à la chaleur écrasante de l’été méditerranéen. Pourtant, cette fois, le feu a frappé à deux pas de la capitale. Dans la petite commune du Vaudoué, en Seine-et-Marne, les habitants ont vu le ciel s’embraser. Les gyrophares bleus des secours ont troué la nuit, les tracteurs ont tracté des citernes d’eau. Les pompiers ont multiplié les efforts, avec l’aide d’avions bombardiers Dash qui ont largué du retardant jusqu’à la tombée du jour. Sans eux, le front de flammes serait arrivé à une centaine de mètres des premières maisons, et tout le village aurait dû être évacué.

Valérie, la cinquantaine, se souvient des cendres qui tombaient autour d’elle. Elle a déjà vécu des incendies impressionnants, au Portugal et à Marseille. Mais là, en forêt de Fontainebleau, elle ne s’y attendait pas. Douze ans que le feu n’était pas venu les menacer. Quand la mairie et les pompiers ont frappé à sa porte pour leur ordonner de partir, elle a attrapé ses chats et ses chiens, les a entassés dans la voiture. De chaque côté, les flammes dansaient. Son mari Daniel est retourné vérifier leur logement un peu plus tard et a eu la confirmation que la maison tenait bon, mais qu’ils ne pourraient pas y revenir avant le lendemain.

Dans le village de 750 âmes, la solidarité s’est organisée. Une trentaine de personnes se sont regroupées devant la salle polyvalente. Sylvia Thirot, une adjointe au maire, tenait les comptes des évacués sur un grand cahier. Une centenaire de 103 ans, qui n’avait pas été évacuée, est venue chercher du réconfort. Les propriétaires de chevaux, eux, étaient angoissés. Ils ont pu mettre leurs bêtes à l’abri au stade équestre de Fontainebleau, mais certains équidés étaient encore dans les champs, sans protection. Le lendemain, l’arrêté préfectoral a interdit l’accès à tout le massif forestier et empêché les agriculteurs de travailler dans les champs. Le premier adjoint, Didier Buguinet, qui n’avait jamais vu un tel incendie en trente ans au Vaudoué, pensait déjà aux changements à venir pour le débroussaillage. Valérie, elle, ne savait pas encore où elle dormirait. D’autres villageois leur avaient offert le gîte. Sinon, elle plaisantait en montrant la pelouse derrière la salle polyvalente. Mais au fond, l’inquiétude restait palpable. Les conditions météo défavorables devaient durer toute la journée, et le feu continuait de progresser malgré la fraîcheur de la nuit.

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