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Les femmes afghanes confinées chez elles, les commerces d’Hérat à l’agonie

Depuis que la police des moeurs talibane traque celles qui ne portent pas la burqa ou le tchador, les rues et les marchés d’Hérat se vident des clientes.…

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Les femmes afghanes confinées chez elles, les commerces d'Hérat à l'agonie

Depuis que la police des moeurs talibane traque celles qui ne portent pas la burqa ou le tchador, les rues et les marchés d’Hérat se vident des clientes. Commerçants et chauffeurs de taxi voient leurs revenus fondre et tirent la sonnette d’alarme.

Un tailleur regarde son magasin vide. Ramin Ghafoori n’a plus de clientes depuis les arrestations de juin. Des femmes accusées d’avoir mal respecté le code vestimentaire ont été emmenées et détenues dans cette grande ville de l’ouest afghan. Depuis, les femmes ne viennent plus faire leurs achats. Pourtant, elles représentaient près de 90% des ventes, même pour les hommes, explique Nazeer Ahmad Azimi, un vendeur de chaussures de 44 ans. Les maris sont au travail et ne peuvent pas se libérer. Mais les femmes, elles, ont perdu leur liberté de mouvement. Beaucoup ont déjà été exclues des écoles secondaires et des universités depuis le retour des talibans en 2021. Aujourd’hui, le simple fait de sortir faire des courses devient un risque.

Les chauffeurs de taxi et de rickshaw subissent aussi la crise de plein fouet. Farshid Karimi, 21 ans, gagnait habituellement l’équivalent de huit euros par jour avec son trois-roues. Depuis le durcissement, il touche à peine 3,5 euros, juste de quoi payer l’essence. Avant, les femmes prenaient librement son rickshaw pour se déplacer. Maintenant, elles restent chez elles et lui n’a plus de travail. Une habitante de 28 ans, qui préfère garder l’anonymat par peur des représailles, raconte avoir tout arrêté : ses sorties au restaurant, ses rendez-vous entre amies, même ses cours de langue. Elle ne sort plus qu’en cas d’absolue nécessité. Comme elle, beaucoup de femmes ne mettent plus un pied dehors. Leurs dépenses, même modestes, faisaient vivre tout un petit commerce. Un tiers de la population afghane dépend déjà de l’aide alimentaire d’urgence.

Un autre habitant d’Hérat, chauffeur de rickshaw lui aussi, confirme que son activité a chuté de moitié. Avant, les clientes représentaient une part essentielle de sa tournée. Une femme de 31 ans, qui dépensait jusqu’à vingt euros par sortie pour des vêtements, ne fait plus de shopping. Ce montant est énorme en Afghanistan, où les salaires sont très bas. Mais la peur d’être arrêtée par la police des moeurs est plus forte. Le constat des commerçants est sans appel : sans les femmes, le marché tourne au ralenti. Comme le résume le tailleur Ghafoori, pas de femmes, pas de marché. Et la municipalité d’Hérat, contactée par des journalistes, n’a pas répondu à ces alertes.

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