Politique
Macron alerte sur le retour des vieux démons antisémites
Lors d’une cérémonie pour le capitaine Dreyfus, le chef de l’État a dénoncé la montée des actes antisémites. Il a promis que les noms des Justes seront…


Lors d’une cérémonie pour le capitaine Dreyfus, le chef de l’État a dénoncé la montée des actes antisémites. Il a promis que les noms des Justes seront désormais inscrits sur les lieux où ils ont sauvé des Juifs.
Emmanuel Macron a choisi la première journée nationale dédiée à Alfred Dreyfus pour tirer la sonnette d’alarme. Devant la Cour de cassation, entouré de 150 invités dont les descendants du capitaine, il a pointé une réalité inquiétante. Les actes antisémites ont atteint un niveau jamais vu depuis trois ans avec 1 320 faits recensés en 2025. Aucun dirigeant politique n’était présent, mais les représentants juifs et militaires occupaient les premiers rangs. Le président a insisté sur une vigilance de tous les instants face à ce qu’il appelle le retour des vieilles haines.
L’affaire Dreyfus reste un symbole puissant. À la fin du XIXe siècle, ce jeune officier juif fut condamné pour trahison sur des preuves fabriquées, victime d’un antisémitisme déchaîné. Il fallut des années de combat pour le réhabiliter grâce à des figures comme Zola, Clemenceau ou Jaurès, mais aussi des anonymes prêts à tout perdre. Macron a salué cet héritage et défini le dreyfusisme comme une méthode refusant le soupçon collectif et préférant toujours la preuve à la rumeur. Pour achever cette réhabilitation, le Parlement a élevé Dreyfus au rang de général de brigade en 2025, un grade qu’il aurait mérité sans l’injustice.
Le président a aussi annoncé une mesure forte pour les Justes de France, ces hommes et femmes qui cachèrent des Juifs pendant la Shoah. Leurs noms seront désormais apposés sur chaque maison, chaque immeuble où ils ont agi, un appel lancé à toutes les municipalités. La France compte plus de 4 300 Justes reconnus par l’institut Yad Vashem. En parallèle, une statue du capitaine Dreyfus a enfin trouvé sa place devant la Cour de cassation après quarante ans d’errance. Et à Paris, la place Maurice Barrès, du nom d’un écrivain antisémite virulent, va être rebaptisée Lucie Dreyfus, en hommage à l’épouse qui ne cessa de se battre pour son mari.
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