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Dix ans après le camion fou de Nice : une Promenade en blanc et en silence

Un millier de personnes ont marché d’un même pas sur la Promenade des Anglais ce dimanche. Roses blanches à la main, ils ont lancé trois jours de…

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Dix ans après le camion fou de Nice : une Promenade en blanc et en silence

Un millier de personnes ont marché d’un même pas sur la Promenade des Anglais ce dimanche. Roses blanches à la main, ils ont lancé trois jours de commémoration pour ne jamais oublier les 86 vies brisées le 14 juillet 2016.

La foule s’est rassemblée devant l’hôpital Lenval. C’est là que le camion a entamé sa course meurtrière, un soir de fête nationale. Mais c’est aussi là que des dizaines d’enfants blessés et traumatisés ont été soignés. Vêtus de blanc, les participants ont formé une longue colonne silencieuse. En tête, près de 300 proches des victimes guidaient la marche. Le soleil tapait fort. La Promenade était fermée aux voitures et aux vélos pour l’occasion, mais les joggeurs et les vacanciers sur la plage en contrebas assistaient à la scène, comme pris dans un moment suspendu.

Georges Bilello a perdu son oncle dans l’attentat. Il confie son sentiment étrange. « On ne les sent pas les dix ans, j’ai l’impression que c’était il y a seulement deux ans. Il y a de la tristesse, mais aussi de la colère. » Autour de lui, des élus, le préfet, le procureur, des pompiers et même des joueurs de l’OGC Nice étaient présents. Patrick Prigent, de l’association Life for Nice, voit dans cette marche une preuve de solidarité. « Ca permet de voir qu’on n’est pas tout seul et que les gens s’approprient également ce moment important. » Pour lui, ce dixième anniversaire est un cap. L’occasion, ensuite, de « tourner la page, pas fermer le livre, mais tourner la page ».

Le cortège s’est figé devant « L’ange de la baie », une sculpture mi-ange mi-oiseau. Elle se dresse à l’endroit même où le camion a été stoppé et son conducteur abattu. Une gerbe a été déposée. Puis, au son d’une harpe, chaque participant a déposé sa rose blanche près d’un kiosque dans un jardin voisin. Hager Ben Aouissi, présidente de l’association Une voie des enfants, décrit l’émotion à fleur de peau. « C’était un moment très émouvant, très dur aussi, parce qu’on a surmonté nos peurs, notre traumatisme. » Elle espère que ces images aideront les enfants victimes qui n’ont pas encore trouvé la force de revenir à « se réapproprier la Promenade des Anglais ». Les commémorations se poursuivent lundi avec une cérémonie interreligieuse. Mardi, le président Macron assistera à un hommage solennel, avant un spectacle de drones. À la nuit tombée, 86 faisceaux lumineux bleus s’élèveront vers le ciel, un pour chaque vie fauchée.

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