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Expulsé malgré son statut de Dreamer, il a raté la naissance de son fils

José Contreras pensait être protégé par un bouclier légal. En une heure, les autorités l’ont embarqué direction le Honduras, loin de sa femme sur le point…

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Expulsé malgré son statut de Dreamer, il a raté la naissance de son fils

José Contreras pensait être protégé par un bouclier légal. En une heure, les autorités l’ont embarqué direction le Honduras, loin de sa femme sur le point d’accoucher.

Il avait huit ans lorsqu’il a posé les pieds aux États-Unis avec sa famille. Trente ans plus tard, José Contreras se présente à un simple rendez-vous avec l’immigration. Les agents ne lui laissent aucune chance. Ils lui annoncent son expulsion immédiate, direction le Honduras, un pays qu’il n’a pas connu depuis l’enfance. Pourtant, José fait partie des près de 500 000 « Dreamers », ce programme lancé en 2012 par Barack Obama pour protéger de l’expulsion les jeunes arrivés mineurs. Mais en janvier 2025, son rendez-vous routinier se transforme en arrachement. Pendant 118 jours, il survivra loin de tout. Son fils naît au Texas. Il est absent. « J’ai craqué, je me suis effondré, j’ai pleuré. Je n’avais jamais imaginé ne pas être là pour lui », confie-t-il.

Maria de Jesus Estrada, elle, a débarqué aux États-Unis à 15 ans. Aujourd’hui âgée de 42 ans, elle n’a jamais quitté le pays. Lors d’un contrôle avec les autorités, les agents de l’ICE l’encerclent et lui signifient son renvoi vers le Mexique. Sa seule réaction : demander une minute pour prendre sa fille dans ses bras avant de partir sans résistance. Le soir même, elle est expulsée. Dans les deux affaires, les autorités américaines justifient ces expulsions par des décisions de justice remontant à l’adolescence des concernés. Les tribunaux finiront par trancher : ces expulsions sont illégales. Ils ordonnent le retour de José et Maria aux États-Unis. Mais le mal est fait. Leur avocate, Stacy Tolchin, dénonce une administration qui « déforme la loi de manière illégale et inhumaine ».

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, la chasse aux sans-papiers s’est intensifiée. Les raids dans les entreprises et les arrestations se multiplient. Même les Dreamers, protégés en principe, ne sont plus à l’abri. Selon des données officielles, 343 personnes sous ce statut ont été arrêtées et au moins 86 ont été expulsées. Le programme, pourtant validé par la Cour suprême après une première tentative d’abrogation, est désormais vidé de sa substance par des lenteurs administratives, des refus et des détentions. Un groupe de défense de l’immigration alerte : les bénéficiaires vivent sous une « menace considérable ». Jessica Trevino, arrivée à 7 ans, en est l’exemple le plus cruel. Elle a été arrêtée alors qu’elle sortait de l’église avec sa famille au Texas. Son mari a subi des violences de la part des agents, filmées et diffusées en ligne. Tous deux ont été expulsés vers le Mexique. Leurs trois enfants, mineurs, sont restés aux États-Unis, hébergés par des proches. « Parfois, je m’endors en me disant que je vais me réveiller chez moi », confie Jessica. Elle attend toujours qu’un tribunal américain examine son dossier.

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