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La mousson emporte tout sur son passage au Bangladesh
Au moins 50 personnes sont mortes en une semaine, emportées par les eaux ou ensevelies sous la boue. Des dizaines de milliers d’habitants fuient vers des…


Au moins 50 personnes sont mortes en une semaine, emportées par les eaux ou ensevelies sous la boue. Des dizaines de milliers d’habitants fuient vers des abris de fortune, alors que l’eau potable et la nourriture se font rares.
Les intempéries frappent le Bangladesh de plein fouet. Ce pays d’Asie du Sud, très bas sur la carte et traversé par de nombreux fleuves, subit chaque année la mousson. Mais cette fois, les pluies sont si violentes qu’elles provoquent des inondations éclair et des glissements de terrain meurtriers. Le district de Chattogram est le plus touché. Selon les autorités locales, 29 personnes y sont mortes écrasées sous des coulées de boue. Deux autres sont toujours portées disparues. L’armée et les gardes-frontières acheminent par bateau de la nourriture et de l’eau potable vers les villages isolés, mais la tâche est immense. Environ 35 000 personnes ont déjà trouvé refuge dans des centres d’accueil. Le pays en a ouvert près de 4 000, mais les besoins explosent.
Dans ce chaos, des histoires poignantes émergent. Un homme du nom de Mohammed Forkan voulait être enterré auprès de ses parents. Mais le cimetière local était noyé sous une eau montant jusqu’à la poitrine. Sa famille a dû improviser. Son neveu raconte avoir déposé le corps sur un radeau en bambou, nagé à côté pendant des heures, avant de trouver un terrain public hors d’eau. Une petite prière a été dite, loin du lieu de repos espéré. Ce drame individuel reflète l’ampleur d’une catastrophe qui bouleverse le quotidien de centaines de milliers de Bangladais. Maisons et cuisines submergées, routes coupées, villages entiers transformés en îlots. La pénurie d’eau potable aggrave encore la situation.
La mousson n’a pas fini de sévir. Dans le sud-est, le camp de réfugiés rohingyas de Cox’s Bazar a déjà été frappé la semaine dernière par des glissements de terrain. Au moins 15 personnes y ont perdu la vie. Plus d’un million de réfugiés vivent entassés sur des pentes dénudées d’arbres. Quand il pleut, la terre devient instable, les abris s’effondrent. Les autorités espèrent une accalmie dans les prochains jours dans le sud-est, mais elles mettent en garde : la mousson reste active dans le nord et le nord-est du Bangladesh. D’autres inondations pourraient survenir. Le pays retient son souffle.
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