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La voix de l’interventionnisme américain s’est tue : Lindsey Graham est mort à 71 ans

Le sénateur républicain de Caroline du Sud, connu pour son soutien indéfectible à l’Ukraine et à Israël, est décédé brutalement samedi. Figure influente…

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La voix de l’interventionnisme américain s’est tue : Lindsey Graham est mort à 71 ans

Le sénateur républicain de Caroline du Sud, connu pour son soutien indéfectible à l’Ukraine et à Israël, est décédé brutalement samedi. Figure influente mais controversée, il laisse un vide politique et une majorité républicaine fragilisée au Sénat.

Lindsey Graham s’en est allé en quelques heures. Le sénateur américain, pilier du camp interventionniste à Washington, est mort samedi soir des suites d’une dissection aortique provoquée par une pathologie cardiaque, a annoncé son bureau. Il avait 71 ans. La nouvelle a secoué la capitale. Donald Trump, qu’il avait pourtant critiqué par le passé avant de devenir l’un de ses plus fidèles alliés, a ordonné la mise en berne des drapeaux jusqu’à samedi prochain. « C’était l’une des personnes et des sénateurs les plus grands que j’aie connus », a déclaré le président américain, révélant les avoir eus au téléphone la veille au soir. « Il avait l’air un peu fatigué. On pensait peut-être se rencontrer aujourd’hui. C’était peut-être son dernier coup de fil ».

La disparition de Lindsey Graham ne passe pas inaperçue sur la scène internationale. Joe Biden, l’ancien président démocrate, s’est dit « choqué ». George W. Bush a salué en lui un homme « qui comprenait que l’engagement américain à l’étranger consiste à résister à la tyrannie ». Benjamin Netanyahu a multiplié les apparitions télévisées dimanche pour lui rendre hommage, confiant : « Israël a perdu l’un des grands champions de l’alliance avec les États-Unis, et j’ai perdu un très cher ami ». Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a insisté sur son soutien « jusqu’au bout » à l’Ukraine face à la Russie. Volodymyr Zelensky, qu’il venait justement de rencontrer vendredi lors de sa dixième visite à Kiev depuis le début de l’invasion russe, a réagi sur Facebook : « Il était aux côtés de notre peuple lorsque c’était le plus nécessaire ».

Sur le plan politique intérieur, cette mort arrive à un moment délicat pour les républicains. Lindsey Graham était l’une des voix les plus influentes du Sénat, où il présidait la commission du budget. Son décès réduit encore la courte majorité républicaine de 53 sièges contre 47, déjà mise sous pression par l’hospitalisation d’un autre poids lourd, Mitch McConnell. C’est au gouverneur de Caroline du Sud, un républicain, de nommer un remplaçant pour quelques mois. Mais Lindsey Graham devait se représenter en novembre. Le parti doit désormais trouver un nouveau candidat. Avocat militaire devenu colonel, élu à la Chambre en 1994 puis au Sénat en 2002, il était un opposant farouche à l’avortement et un critique acerbe de la politique étrangère de Barack Obama, qu’il avait qualifié de « faible adversaire du mal » en 2015. Il avait vu comme une grande victoire l’offensive conjointe d’Israël et des États-Unis contre l’Iran fin février. Son départ laisse un trou dans la diplomatie américaine et dans les équilibres du Sénat.

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