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L’Europe veut instaurer un couvre-feu numérique pour les mineurs

Des experts mandatés par la Commission européenne proposent un cadre strict pour protéger les enfants des dangers du numérique, de la petite enfance…

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L'Europe veut instaurer un couvre-feu numérique pour les mineurs

Des experts mandatés par la Commission européenne proposent un cadre strict pour protéger les enfants des dangers du numérique, de la petite enfance jusqu’à 18 ans. L’idée : remplacer l’autorégulation des plateformes par des règles d’âge claires et des fonctionnalités sans piège.

Les écrans ont envahi la vie des enfants, et les experts européens tirent la sonnette d’alarme. Pendant plusieurs mois, un panel de scientifiques, éducateurs et associations de parents a passé au crible les effets des réseaux sociaux et autres services en ligne sur le développement des mineurs. Le constat est sans appel : oui, le numérique apporte des bénéfices, comme l’apprentissage autonome, la création de liens ou l’expression personnelle. Mais il expose aussi à des risques bien réels. Addiction, remplacement d’activités essentielles, contenus choquants, contacts inappropriés. Le tout aggravé par des algorithmes conçus pour capter l’attention. Les experts ne veulent pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais ils estiment que les plateformes doivent prouver qu’elles sont sûres avant d’accueillir les jeunes.

Leur solution repose sur une échelle d’âge précise, pensée comme une progression vers l’autonomie numérique. D’abord, pour les moins de 3 ans, l’interdiction totale de tout écran. C’est déjà la règle en France, ils veulent l’étendre à toute l’Union européenne. Ensuite, de 3 à 13 ans, les enfants n’auraient pas le droit d’accéder seuls aux réseaux sociaux, aux assistants d’intelligence artificielle ni aux autres services en ligne. Seules des périodes limitées sous supervision d’un adulte ou dans un cadre éducatif seraient tolérées. Pour les 13-18 ans, l’accès serait conditionnel : seules les plateformes capables de vérifier l’âge efficacement et ayant supprimé leurs fonctionnalités les plus addictives pourraient les accueillir. Les pays resteraient libres d’aller plus loin, comme la France qui veut une interdiction jusqu’à 15 ans. Enfin, à 18 ans, la majorité numérique complète serait atteinte, mais avec une vérification d’âge obligatoire pour les contenus pour adultes, comme les sites pornographiques.

Ces recommandations ne s’arrêtent pas aux portes des plateformes. Elles donnent aussi des clés aux familles pour reprendre le contrôle. Les experts conseillent par exemple de bannir les appareils connectés de la salle de bain, de la chambre et de la table du repas. Ils invitent les parents à montrer l’exemple en posant leur propre téléphone devant les enfants et à éviter de publier des images de leurs gosses à tout va. Aux ados, le message est simple : traiter les autres en ligne avec le même respect que dans la vraie vie, protéger ses informations personnelles, réfléchir avant de poster, se méfier des inconnus qui se présentent comme des amis, ne jamais partager d’images intimes et surtout signaler tout problème à un adulte, sans crainte d’être puni. L’enjeu est de taille : faire du numérique un espace qui accompagne les jeunes sans les piéger.

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