Europe
Les ados bientôt protégés des réseaux sociaux par une loi européenne
L’Union européenne veut instaurer un accès progressif aux plateformes pour les jeunes. Objectif : protéger leur cerveau en développement avant qu’un…


L’Union européenne veut instaurer un accès progressif aux plateformes pour les jeunes. Objectif : protéger leur cerveau en développement avant qu’un algorithme ne le fasse à leur place.
Bruxelles planche sur un projet ambitieux : créer une « majorité numérique » unique à l’échelle des 27 pays. L’idée est d’éviter le grand bazar des règles nationales, alors que la France, l’Espagne ou le Danemark avancent déjà leurs propres restrictions. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, insiste sur l’importance d’un accès « progressif et gradué » selon l’âge. Pour elle, l’enfance est une période clé du développement du cerveau, et les enfants ont besoin de temps dans le monde réel pour jouer, se faire des amis, construire leur personnalité. Elle promet des propositions concrètes après l’été.
Un comité d’experts, dirigé par l’épidémiologiste française Maria Melchior et le psychiatre allemand Jörg Fegert, a déjà livré ses recommandations. Leur mesure phare : interdire purement et simplement l’accès des moins de 13 ans aux réseaux sociaux et aux services en ligne, y compris les assistants IA. Sauf exceptions très encadrées, comme une utilisation supervisée par un parent ou dans un cadre scolaire. Pour les 13-18 ans, ce serait un peu plus souple, mais à une condition : que les plateformes prouvent qu’elles sont sûres « by design », en supprimant les fonctionnalités les plus addictives et en mettant en place une vérification d’âge fiable.
Les experts ne veulent pas laisser les pays sans marge de manœuvre. Chaque État membre pourrait aller plus loin et instaurer des interdictions au-delà de 13 ans. Et à 18 ans, ce serait la « majorité numérique complète » : autonomie totale, mais avec une vérification d’âge obligatoire pour les contenus adultes, comme les sites pornographiques. En clair, les plateformes devront prouver leur bonne foi avant d’avoir accès aux jeunes. « Ce n’est qu’après avoir démontré leur sécurité technique et leur adéquation aux mineurs qu’elles pourront bénéficier d’un accès général », insiste Jörg Fegert.
Bruxelles ne se contente pas de réfléchir, elle agit déjà. Vendredi, la Commission a ordonné à Meta de modifier les interfaces d’Instagram et Facebook, jugées trop « addictives », sous peine d’une grosse amende. Même chose pour TikTok en début d’année. L’UE veut montrer qu’elle est prête à utiliser ses pouvoirs existants pour protéger la santé mentale des jeunes. Le message est clair : le monde numérique doit s’adapter aux enfants, et pas l’inverse.
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