Monde
L’Iran enterre son guide suprême sous les cris de vengeance contre Trump et Netanyahu
Des millions d’Iraniens ont accompagné Ali Khamenei à sa dernière demeure à Machhad, mêlant deuil, colère et appels à la mort du président américain. Les…


Des millions d’Iraniens ont accompagné Ali Khamenei à sa dernière demeure à Machhad, mêlant deuil, colère et appels à la mort du président américain. Les funérailles géantes du guide suprême, tué par une frappe américano-israélienne le 28 février, deviennent un symbole de résistance alors que les combats reprennent.
La chaleur écrase Machhad. Sous un soleil de plomb et 40°C, la foule s’étend sur des kilomètres autour du sanctuaire de l’imam Reza, le lieu le plus sacré du chiisme iranien. Pas un cri ne faiblit. « Pas de compromis avec les assassins », scandent des hommes, des femmes, des enfants, tous vêtus de noir. Beaucoup portent des pancartes où la tête de Donald Trump est mise à prix. Une inscription en anglais résume l’ambiance: « There will be blood », il va y avoir du sang.
Hoda, une femme au foyer de 35 ans, résume le sentiment général. Pour elle et pour des milliers d’autres, seule la mort de Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pourra apaiser la douleur. « Il ne doit y avoir aucun compromis », insiste-t-elle, en référence à l’accord de cessez-le-feu signé avec les Américains à la mi-juin. Un accord qui semble aujourd’hui sur le point de s’effondrer. Les États-Unis ont bombardé l’Iran dans la nuit pour tenter de briser son contrôle sur le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution ont riposté en visant des sites au Koweït, au Qatar, à Bahreïn et en Jordanie. Ils accusent aussi Washington d’avoir ciblé la liaison ferroviaire reliant Machhad à Téhéran, pour empêcher des milliers de fidèles de se joindre aux funérailles.
Au milieu de cette tension palpable, un avion de chasse survole à plusieurs reprises la foule endeuillée. Sur les toits, la sécurité est aux aguets. Mohammad Afsharian, 41 ans, employé, est catégorique. Les efforts diplomatiques sont « quasiment enterrés » selon lui. Il l’affirme haut et fort: même avec un accord avec les États-Unis, le problème avec Israël restera entier. « Si Trump veut négocier, qu’il nous livre Netanyahu », lance-t-il. Le dialogue avec le « Grand satan » n’est clairement pas à l’ordre du jour.
Les funérailles d’Ali Khamenei, qui a dirigé l’Iran pendant près de 37 ans avant de mourir à 86 ans, se sont étalées sur six jours. Après des hommages monstres à Téhéran et dans la ville sainte de Qom, le cortège a traversé haut lieux du chiisme en Iran et en Irak. En soirée, la télévision d’État a montré les dernières prières dans le sanctuaire, en présence d’un des fils du guide défunt, Mostafa. L’autre fils, Mojtaba, qui lui a succédé, n’a toujours pas fait d’apparition publique. Blessé dans les bombardements, il ne s’exprime que par textos. Autour du sanctuaire, des fidèles allument des bougies, les chants religieux résonnent encore. L’enterrement est comparable à celui de l’ayatollah Khomeini en 1989. Une marée humaine, une fois de plus, pour dire adieu à un guide. Et pour crier sa rage.
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