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Édouard Philippe prêt à affronter Marine Le Pen dans les urnes et non au tribunal

L’ancien Premier ministre se réjouit que le débat politique s’ouvre après la confirmation de la condamnation de la cheffe du RN, mais il relève ses…

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Édouard Philippe prêt à affronter Marine Le Pen dans les urnes et non au tribunal

L’ancien Premier ministre se réjouit que le débat politique s’ouvre après la confirmation de la condamnation de la cheffe du RN, mais il relève ses contradictions passées et présentes.

Édouard Philippe ne veut pas d’une élimination par la justice. Alors que Marine Le Pen a vu sa condamnation confirmée en appel mardi dans l’affaire des assistants parlementaires européens, avec une peine d’inéligibilité réduite à 45 mois dont 30 avec sursis, elle peut toujours se présenter à la présidentielle. Et l’ancien Premier ministre, candidat Horizons, dit haut et fort qu’il préfère la battre dans les urnes que la voir disparaître par une décision de justice. Depuis le stade Bonal de Sochaux, il s’est dit heureux que le débat politique s’engage enfin, que le Rassemblement national comme les autres partis puissent « faire campagne et expliquer ce qu’ils veulent clairement pour les Français ». Une manière d’accepter le verdict tout en restant combatif.

Mais ce n’est pas tout. Édouard Philippe a aussi souligné ce qu’il appelle « le décalage » entre les positions actuelles de Marine Le Pen et celles qu’elle défendait hier. Lui qui se souvient qu’elle réclamait une inéligibilité « à vie » pour les politiques condamnés pour des faits similaires. Aujourd’hui, elle promet de faire campagne malgré sa peine grâce à un pourvoi en cassation. « C’est une question qui la place face à sa propre conscience », a-t-il lancé. Et de pointer aussi ses revirements sur l’euro, l’Union européenne, l’IVG ou encore la politique étrangère. Même sur les retraites, il voit des divergences entre Jordan Bardella et elle. « On a le droit d’évoluer », admet-il, « mais il faut parfois expliquer pourquoi ».

Sa journée dans le Doubs et le Territoire de Belfort ne s’est pas résumée à ce duel politique. Édouard Philippe a voulu montrer une autre France, celle qui se bat et rebondit. D’abord avec le FC Sochaux-Montbéliard, sauvé de la faillite en 2023 et promis à un retour en Ligue 2. Un symbole fort dans une région marquée par la désindustrialisation. Puis chez Selectarc, fabricant de métaux de soudure, et chez Cristel, qui produit des ustensiles de cuisine haut de gamme. Dans chaque entreprise, il a entendu un même cri du cœur. Les patrons ne contestent pas les impôts, ni la qualité de la main-d’œuvre, mais ils sont épuisés par la pluie de normes qui tombent sans cesse. « Il faut entendre cette demande », a-t-il insisté.

Sa réponse, il la martèle depuis des mois. Un « pacte de stabilité » qui gèlerait le droit social, fiscal et environnemental pendant cinq ans. Plus de changements incessants, plus de règles qui s’accumulent. Il promet aussi une baisse de 50 milliards d’euros des impôts de production, compensée par une réduction équivalente des aides aux entreprises. Un message simple, direct, dans une campagne où la parole politique doit, selon lui, redevenir claire.

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