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Réseaux sociaux interdits aux enfants l’Europe passe à l’action

Un comité d’experts remet lundi ses recommandations à Ursula von der Leyen pour protéger les mineurs en ligne. La Commission européenne envisage une…

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Réseaux sociaux interdits aux enfants l'Europe passe à l'action

Un comité d’experts remet lundi ses recommandations à Ursula von der Leyen pour protéger les mineurs en ligne. La Commission européenne envisage une interdiction pure et simple ou des restrictions graduées, comme plusieurs pays membres l’ont déjà fait.

L’idée fait son chemin dans les couloirs de Bruxelles. Faut-il appliquer aux réseaux sociaux ce qui existe déjà pour l’alcool ou le tabac une interdiction d’accès pour les mineurs ? Ursula von der Leyen a commandé une expertise pour trancher. Elle recevra ce lundi les propositions d’un groupe de spécialistes, mené par l’épidémiologiste française Maria Melchior et le psychiatre allemand Jörg Fegert. La présidente de la Commission, mère de sept enfants, s’est déjà dite favorable à une telle mesure. Elle compare la protection des jeunes en ligne à celle qui empêche de leur vendre des cigarettes ou des boissons alcoolisées.

Derrière cette réflexion, il y a un constat qui pèse lourd. Un quart des jeunes Européens sont exposés à des contenus problématiques sur Internet : discours de haine, pressions sur l’apparence physique, violences inattendues. Ce chiffre, Ursula von der Leyen l’a elle-même cité pour justifier l’urgence d’agir. Plusieurs États membres ne veulent pas attendre une décision européenne. La France, l’Espagne, le Grèce, le Danemark, l’Autriche ou la Suède ont déjà lancé des interdictions ou des restrictions d’accès pour les mineurs, ou s’apprêtent à le faire. Mais cette approche nationale crée un patchwork complexe. Une règle unique à l’échelle de l’Union permettrait d’éviter ce méli-mélo et de faciliter l’application des mesures, puisque la régulation des plateformes relève déjà largement de Bruxelles.

Tous les pays ne sont pas sur la même ligne. L’Estonie s’oppose ouvertement à des interdictions généralisées. Pour trancher le débat, plusieurs options sont sur la table. Une interdiction pure et simple pour tous les mineurs, comme en Australie l’an dernier. Des limitations progressives selon l’âge. Ou encore une troisième voie : exiger des plateformes qu’elles soient conçues pour être sûres par défaut, ce qu’on appelle le « safe by design ». La Commission européenne promet des annonces avant l’automne. En attendant, elle met déjà la pression. Vendredi, elle a ordonné à Meta de modifier les interfaces d’Instagram et de Facebook, jugées trop addictives, sous menace d’une lourde amende. Une demande similaire avait été adressée à TikTok en début d’année. Le message est clair : les géants du numérique doivent prendre au sérieux le bien-être physique et mental des jeunes utilisateurs.

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