Économie
La flambée du pétrole plombe les marchés mondiaux
Pour la troisième nuit consécutive, les frappes entre les États-Unis et l’Iran font trembler le Moyen-Orient. Résultat immédiat : le prix du baril bondit…

Pour la troisième nuit consécutive, les frappes entre les États-Unis et l’Iran font trembler le Moyen-Orient. Résultat immédiat : le prix du baril bondit et les Bourses européennes accusent le coup.
L’escalade ne faiblit pas. Après trois nuits d’affrontements entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz est de nouveau sous blocus naval américain. Le président des États-Unis va même plus loin en annonçant un péage de 20% sur tout fret transitant par cette voie stratégique. Une déclaration immédiatement condamnée par l’ONU, mais qui a déjà un effet direct sur les cours du pétrole. Le baril de Brent, référence mondiale, grimpe de près de 5% pour atteindre 87,41 dollars, son plus haut depuis un mois. Le brut américain WTI suit le mouvement à plus de 81 dollars. De quoi raviver les craintes d’inflation, alors que la trêve commerciale signée mi-juin entre les deux pays avait permis aux prix de redescendre.
Cette flambée de l’or noir met les investisseurs sous pression. Les Bourses européennes reculent nettement mardi : Paris perd presque 1%, Francfort 0,74%, Londres 0,44%. À Wall Street, les futures annoncent une ouverture en demi-teinte, le Dow Jones et le S&P 500 en léger repli, tandis que le Nasdaq pourrait grappiller quelques points. Mais le vrai signal d’alarme vient des marchés obligataires. Les rendements des emprunts d’État grimpent des deux côtés de l’Atlantique, signe que les investisseurs anticipent une hausse des taux pour juguler l’inflation. Le gouverneur de la Réserve fédérale, Christopher Waller, a d’ailleurs prévenu lundi qu’un relèvement pourrait intervenir « à court terme ». Les marchés estiment désormais à 40% la probabilité d’une hausse des taux américains dès ce mois-ci. Même si l’indice des prix américains de juin, publié dans l’après-midi, devrait montrer un ralentissement, ce répit pourrait n’être que provisoire.
Les secteurs les plus exposés paient le prix fort. Les compagnies aériennes comme Air France et Lufthansa perdent plus de 2% face à la hausse du carburant. Le luxe français chute aussi de plus de 2%. À Stockholm, Ericsson dévisse de 8% après un chiffre d’affaires en baisse. Seules les valeurs pétrolières tirent leur épingle du jeu, comme BP qui gagne 2,3% grâce à des résultats de négoce prometteurs. Côté changes, le dollar reste proche de ses plus hauts depuis un an, tandis que l’euro regagne un peu de terrain. Les regards sont désormais tournés vers la BCE, qui devrait maintenir ses taux la semaine prochaine avant une possible hausse en septembre. Une seule certitude : la géopolitique dicte la cadence, et les marchés dansent sur un volcan.
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