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L’épidémie d’Ebola en RDC serait deux à quatre fois plus étendue que ce qu’on croit

L’Organisation mondiale de la santé revoit ses estimations à la hausse. Les cas réels d’Ebola en République démocratique du Congo pourraient être bien…

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L'épidémie d'Ebola en RDC serait deux à quatre fois plus étendue que ce qu'on croit

L’Organisation mondiale de la santé revoit ses estimations à la hausse. Les cas réels d’Ebola en République démocratique du Congo pourraient être bien plus nombreux que les chiffres officiels.

L’OMS tire la sonnette d’alarme. D’après ses calculs, l’épidémie qui sévit depuis deux mois dans l’est de la RDC serait en réalité deux à quatre fois plus massive que ce que montrent les bilans officiels. Le responsable des urgences sanitaires de l’organisation, Chikwe Ihekweazu, a expliqué que la capacité à détecter les malades s’améliore chaque jour, mais que le vrai nombre d’infections reste sous-estimé. Les chiffres officiels font état de près de 2 000 cas et plus de 700 décès, mais la réalité serait bien plus lourde.

La maladie ne cesse de s’étendre. Partie de la province d’Ituri, à la frontière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, elle a désormais gagné quatre autres régions: le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. Vingt cas ont aussi été recensés en Ouganda voisin. C’est la troisième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée, et surtout celle qui progresse le plus vite en un seul mois. Le constat le plus préoccupant selon l’OMS? De nombreux nouveaux cas concernent des personnes décédées chez elles, sans jamais avoir reçu de soins dans un hôpital. Cela signifie que des chaînes de transmission entières restent invisibles.

Les équipes de riposte tentent de rattraper le retard. Plus de 90% des cas sont encore détectés en Ituri, mais les efforts s’intensifient. Le taux de suivi des personnes ayant été en contact avec des malades approche aujourd’hui les 80%. 700 lits sont disponibles pour traiter les patients, et le nombre de laboratoires est passé de un à quatorze. Deux traitements sont en cours de test sur place. Un essai clinique d’une prophylaxie post-exposition à base d’un antiviral doit bientôt débuter. Mais le défi reste immense: il faut gagner la confiance des communautés, rendre les établissements de santé accessibles et sûrs. Malgré les progrès, l’épidémie continue de devancer les efforts de ceux qui tentent de l’endiguer.

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