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Kiev en ébullition après le départ d’un ministre iconoclaste

Des centaines d’Ukrainiens sont descendus dans la rue pour réclamer le maintien de Mykhaïlo Fedorov, le ministre de la Défense poussé vers la sortie par…

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Kiev en ébullition après le départ d’un ministre iconoclaste

Des centaines d’Ukrainiens sont descendus dans la rue pour réclamer le maintien de Mykhaïlo Fedorov, le ministre de la Défense poussé vers la sortie par Volodymyr Zelensky. Symbole d’une armée modernisée, son limogeage attise la colère d’une population qui voit en lui un rempart contre la guerre à l’ancienne.

La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre. Mercredi soir, Mykhaïlo Fedorov annonce qu’il quitte son poste. À peine quelques heures plus tard, des centaines de personnes se rassemblent à Kiev, drapeaux ukrainiens et européens au vent. « Honte », scandent-ils. « Rendez Fedorov ». Le ministre n’a que 35 ans. Nommé en janvier dernier, il incarnait une rupture : moins d’infanterie exposée, plus de drones, de technologie et de frappes chirurgicales. Un virage qui a porté ses fruits sur le front, où l’armée ukrainienne a réussi à stopper l’élan russe et à frapper loin en territoire ennemi.

Mais Volodymyr Zelensky a décidé de remanier son gouvernement. Le départ de la Première ministre Ioulia Svyrydenko mardi a entraîné celui de tous les ministres. Fedorov pourrait ne pas être reconduit. Et cela ne passe pas. À Odessa, Kharkiv, Dnipro et Lviv, des rassemblements ont éclaté. Sur la même place que les manifestations anticorruption de l’été dernier. Beaucoup voient dans ce limogeage la main du commandant en chef Oleksandre Syrsky, accusé de mener des assauts meurtriers. « C’est un boucher », fulmine Margarita Grechko, une manifestante de 27 ans qui travaille dans la tech militaire. « Fedorov a prouvé qu’il voulait que les drones se battent à la place des hommes. Alors pourquoi l’écarter ? »

Le ministre contesté avait pour mission de secouer une machine de guerre héritée de l’ère soviétique. Il a combattu la corruption, modernisé les équipements, pallié le manque de soldats et de munitions. Son adjoint Pavlo Yelizarova a lui aussi démissionné, affirmant vouloir « gagner plutôt que faire des gestes symboliques ». Même son de cloche pour le conseiller Serguiï Sternenko. Le vide s’installe. Aucun successeur n’a été annoncé. La démission de Fedorov n’a pas encore été votée par le Parlement ukrainien. Mais dans les rues, la question taraude : Zelensky a-t-il peur des hommes qui marchent droit et bousculent les habitudes ?

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