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Washington convoque le monde pour traquer l’extrême gauche

Une soixantaine de pays réunis ce jeudi autour des États-Unis pour parler de la menace venue de l’extrême gauche. Objectif sortir ce qu’ils appellent un…

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Washington convoque le monde pour traquer l'extrême gauche

Une soixantaine de pays réunis ce jeudi autour des États-Unis pour parler de la menace venue de l’extrême gauche. Objectif sortir ce qu’ils appellent un « angle mort » de la lutte antiterroriste.

La réunion ministérielle organisée par les États-Unis ce jeudi a un nom de code la « Résurgence du terrorisme politique ». Mais dans le viseur de Washington, un adversaire bien précis le terrorisme d’extrême gauche. Le secrétaire d’État Marco Rubio, le ministre des Finances Scott Bessent et le conseiller immigration Stephen Miller seront aux commandes. Plus de soixante délégations venues d’Europe et d’Asie sont attendues. La France enverra des hauts fonctionnaires. Le timing peut surprendre alors que les Américains sont englués dans leur confrontation avec l’Iran. Pourtant, des responsables américains assurent que cette réunion était préparée de longue date et tombe à pic pour renforcer la coopération internationale.

Le département d’État américain justifie cette offensive par une recrudescence des violences. Dans un communiqué, il affirme que l’extrême gauche ne frappe pas par hasard mais suit une « stratégie délibérée » pour « déstabiliser les sociétés libres ». Selon Washington, cette menace est restée trop longtemps sous-estimée, un véritable angle mort de la lutte antiterroriste mondiale. Pour donner du poids à leurs arguments, les responsables américains pointent plusieurs exemples en Europe le sabotage du réseau ferroviaire français pendant les Jeux olympiques de 2024, la mort du militant nationaliste Quentin Deranque en février, des attaques en Italie et en Allemagne, ou encore les attentats contre des membres d’un parti conservateur en Grèce début juillet qui ont fait un mort et quatre blessés. Un haut responsable du département d’État, qui s’exprime sous couvert d’anonymat, explique que le sujet n’a jamais été abordé collectivement de façon efficace, à cause de son caractère transnational et de ses modes opératoires sophistiqués.

Au cœur de la cible, le mouvement Antifa. Ce n’est pas une organisation structurée mais une nébuleuse d’activistes de gauche, selon les experts. Donald Trump l’a classé comme « organisation terroriste intérieure » l’an dernier après l’assassinat de l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk. À l’étranger, les États-Unis ont déjà sanctionné des groupes comme Antifa Ost en Allemagne et trois autres formations anarchistes en Italie et en Grèce. Pourtant, cette priorité donnée à l’extrême gauche marque une rupture nette avec l’administration Biden. Celle-ci avait désigné l’extrême droite et le suprémacisme blanc comme les menaces principales. Les détracteurs de Trump rappellent que la violence d’extrême gauche reste historiquement bien inférieure à celle de l’extrême droite et des jihadistes. Une étude du centre de réflexion CSIS publiée l’an dernier confirme que si la violence d’extrême gauche a augmenté aux États-Unis depuis 2016, elle partait de très bas et reste loin derrière les attaques d’extrême droite ou jihadistes. Et ils accusent le président républicain de souffler sur les braises. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, il a gracié plus d’un millier de ses partisans impliqués dans l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021. Lui-même a été visé par des tentatives d’attentat, la dernière en date en avril lors du gala de la presse à la Maison Blanche.

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