Monde
« Qui sera le prochain ? » le jeu mortel de l’escalade militaire dans le Golfe
Depuis le 7 juillet, les États-Unis et l’Iran échangent des frappes d’une violence inouïe autour du détroit d’Ormuz. Les civils paient le prix fort, entre…


Depuis le 7 juillet, les États-Unis et l’Iran échangent des frappes d’une violence inouïe autour du détroit d’Ormuz. Les civils paient le prix fort, entre explosions quotidiennes et menaces de représailles.
Les bombardements ne connaissent aucun répit. « Il y a eu au moins 11 ou 12 explosions. J’ai l’impression que mes oreilles vont exploser », confie Hani, un professeur iranien de 34 ans, depuis Ahvaz dans le sud-ouest du pays. Ses mots racontent une réalité insoutenable pour les populations prises au piège. Depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, les États-Unis ont lancé deux nouvelles salves de frappes en l’espace de 24 heures. L’Iran riposte en visant des pays alliés de Washington comme Bahreïn, le Koweït ou la Jordanie. Un scénario qui se répète chaque jour, sans aucun signe d’apaisement.
Pourtant, les avertissements fusent des deux côtés, et la menace s’étend. Téhéran promet de réduire à néant des infrastructures du Moyen-Orient si ses propres installations sont attaquées. De son côté, Donald Trump a affirmé qu’il frapperait les ponts et les centrales électriques iraniennes si les négociations n’étaient pas relancées. Pour l’instant, les installations pétrolières et gazières du Golfe ont été épargnées, mais la pression monte. Le détroit d’Ormuz, par où transite normalement un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux, est à nouveau verrouillé par l’Iran. Seulement treize navires commerciaux y ont été recensés mardi, contre des centaines en temps normal. Les cours du pétrole oscillent autour de 85 dollars le baril, sans véritable direction.
Au sol, la vie des civils est devenue un enfer. Un hôpital d’Ahvaz a dû être évacué après des frappes américaines dans les environs, dénoncées comme une « attaque barbare » par les autorités iraniennes. Des explosions ont également été entendues à Bandar Abbas, Chabahar et sur l’île de Qeshm. Plus de trente civils et sept militaires sont morts depuis la reprise des combats, selon le dernier bilan officiel. « Nous ne vivons pas, nous survivons. Que Dieu mette fin à la guerre, puis aux difficultés économiques », supplie Nadin, une enseignante de 27 ans dans le sud-est du pays. À Téhéran, la vie suit son cours, mais les systèmes de défense antiaérienne ont été activés en périphérie. Dans les rues, un grand panneau rouge interroge en anglais : « Qui sera le prochain ? » avec les initiales de Donald Trump en majuscules. Le médiateur pakistanais a appelé à une reprise du dialogue, mais le protocole d’accord signé mi-juin semble avoir volé en éclats. Le blocus américain des ports iraniens a été rétabli, et les discussions diplomatiques paraissent plus lointaines que jamais.
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