Société
Les adversaires de la loi sur l’aide à mourir préparent déjà la contre-attaque
La réforme a été adoptée au Parlement, mais ses opposants refusent de baisser les bras. Recours au Conseil constitutionnel, promesses de référendum et…

La réforme a été adoptée au Parlement, mais ses opposants refusent de baisser les bras. Recours au Conseil constitutionnel, promesses de référendum et création d’un comité de vigilance sont leurs prochaines cartes.
Mercredi soir, devant l’Assemblée nationale, Pascale Morinière a lancé un cri de ralliement. La présidente des Associations familiales catholiques a juré de continuer le combat, même après la défaite parlementaire. Leur première arme est déjà connue : saisir le Conseil constitutionnel. Plusieurs ténus politiques ont annoncé leur intention de le faire, du ministre Sébastien Lecornu au président du Sénat Gérard Larcher, en passant par des députés RN et LR. Le recours du chef du gouvernement vise notamment les délais prévus, la situation des majeurs protégés et certains établissements de santé. Les Sages doivent rendre leur décision autour de la mi-août. Mais l’auteur du texte, Olivier Falorni, assure n’avoir « absolument aucune crainte » sur le résultat.
Face à l’incertitude, certains parlementaires explorent d’autres options. Ils espèrent que le président de la République renonce à promulguer la loi dans les quinze jours suivant l’éventuelle validation du Conseil. Le député RN Christophe Bentz et la sénatrice communiste Cécile Cukierman ont avancé cette idée. Mais beaucoup restent lucides : difficile de revenir sur une loi sociétale voulue par le chef de l’État et symbole de son quinquennat. La Marche pour la vie promet de se battre pour une abrogation, sans qu’aucun responsable politique ne reprenne cette promesse, même chez les candidats à la présidentielle. Bruno Retailleau, président des Républicains, annonce seulement vouloir faire un bilan au bout d’un an s’il accède à l’Élysée, avec la possibilité d’un référendum. Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, déclare que son parti ne reviendrait pas sur la loi mais serait « très vigilant » sur son application.
La bataille se déplace aussi sur le terrain juridique et réglementaire. Les décrets d’application, qui prendront plusieurs mois, seront scrutés de près. Certains espèrent y corriger des aspects qu’ils jugent dangereux. Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, promet de les soumettre au juge administratif. La députée LR Justine Gruet envisage même un nouveau texte de loi pour « sécuriser » celui qui vient d’être adopté. L’évêque de Nanterre Matthieu Rougé souhaite qu’une future majorité revienne au minimum sur l’obligation faite aux établissements de santé d’accueillir la mort provoquée. En attendant, les associations montent au créneau. Alliance Vita crée un « Comité national de vigilance Fin de vie » pour défendre les patients sous pression, les proches écartés ou les soignants. Le Front de gauche antivalidiste annonce un travail de collecte de témoignages pour recenser les abus. Un observatoire indépendant est aussi prévu par l’association Démocratie, éthique et solidarité, avec un soutien juridique à la clé.
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