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Budget 2027 le grand coup de frein budgétaire est lancé

Pour préparer l’après-présidentielle, le gouvernement serre les dépenses de l’État comme jamais. Seuls la Défense et le remboursement de la dette…

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Budget 2027 le grand coup de frein budgétaire est lancé

Pour préparer l’après-présidentielle, le gouvernement serre les dépenses de l’État comme jamais. Seuls la Défense et le remboursement de la dette échappent aux coupes, le reste des ministères devra vivre avec une augmentation quatre fois inférieure à l’inflation.

Le message est clair : en 2027, l’État dépensera moins. Bercy a transmis son projet annuel de plafonds de dépenses, un document technique surnommé le « tiré à part ». Derrière les chiffres, une ambition politique : réduire le déficit avant l’élection présidentielle. Hors Défense et charge de la dette, la progression des crédits ministériels est limitée à 0,4 %, soit quatre fois moins que l’inflation attendue. Concrètement, cela signifie une hausse totale de seulement 1,5 milliard d’euros pour tous les ministères. L’Écologie récupère 1,5 milliard, notamment pour faire face aux canicules. L’Enseignement scolaire progresse de 0,8 milliard, la Recherche de 0,6, la Justice de 0,4. En revanche, le Travail perd 2,8 milliards, l’Aide au développement 0,3, l’Agriculture et la Santé 0,1 milliard chacune.

Les comptes publics sont sous tension. Quatre économistes de différentes écoles ont passé les finances de l’État « à livre ouvert » depuis mai. Leur rapport, rendu mercredi, est alarmant. Le déficit public, déjà attendu à 5 % du PIB cette année, pourrait grimper à 5,9 % en 2027 et 6,8 % en 2030 si rien ne change. Ils réclament un effort de 126 milliards d’euros d’ici la fin du prochain quinquennat, à commencer dès l’an prochain. Le ministre des Comptes publics David Amiel parle d’une « machine infernale de la dette » qui étrangle le pays. Il prévient que l’inaction aurait « un coût rédhibitoire » et provoquerait « un très grand décrochage ». Les économistes n’excluent pas des hausses d’impôts, mais en insistant sur les baisses de dépenses. Amiel assure vouloir éviter qu’une avalanche d’impôts ne remplace les déficits d’aujourd’hui.

Ce projet n’est encore qu’une intention. Le budget devra être négocié avec les oppositions, comme c’est le cas depuis la dissolution. Les dépenses de la Sécurité sociale, elles, continueront de croître plus vite que l’inflation, avec 17 milliards supplémentaires. Le gouvernement demande aussi aux collectivités locales de ne pas dépasser l’inflation dans leurs budgets. David Amiel défend ce texte comme un budget « de sauvegarde républicaine », conçu pour offrir des marges de manœuvre au futur président de la République. Il est attendu jeudi devant les députés pour défendre ces arbitrages serrés. Bercy espère que le travail des économistes permettra des choix « éclairés » dans les mois à venir.

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