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Les cloches de Bédar sonnent l’alerte, mais le feu a déjà fait 12 morts

Dans un hameau d’Andalousie, le maire a ordonné de faire sonner les cloches pour prévenir les habitants. Deux jours plus tard, des rescapés racontent leur…

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Les cloches de Bédar sonnent l’alerte, mais le feu a déjà fait 12 morts

Dans un hameau d’Andalousie, le maire a ordonné de faire sonner les cloches pour prévenir les habitants. Deux jours plus tard, des rescapés racontent leur fuite panique face à un incendie dévastateur.

Manoli Ramos, 72 ans, n’oubliera jamais ces dernières consignes entendues à Bédar. Avant de plonger dans la course contre les flammes, le maire lui a demandé de sonner les cloches de l’église. « Nous avons fait sonner plusieurs fois pour que les gens soient au courant », se souvient-elle. Puis elle a fui, comme les autres, vers Los Gallardos, laissant derrière elle un incendie qui a tué douze personnes. La plupart sont des étrangers, souvent des Britanniques installés dans ce coin de paradis vert et montagneux, près de la côte méditerranéenne. Ils vivaient dans des maisons isolées, loin du centre du village. Cette dispersion a sans doute compliqué l’alerte et la fuite.

Dans le gymnase municipal de Garrucha, où la Croix-Rouge distribue des affaires, les histoires se croisent. Hassan Oulghazzi, 52 ans, Marocain installé à Bédar depuis seize ans, n’a pas vu le feu lui-même. Il a vu la fumée noire, puis la police a tambouriné à sa porte. « Lève-toi, allez, pars d’ici, c’est pour de vrai, tu dois t’en aller », lui ont-ils dit. Il est parti sans rien emporter. « La peur, tout le monde l’a connue », lâche-t-il, encore secoué. Austin Crilly, un Anglais de 87 ans, regardait la télévision quand il a vu un nuage noir par la fenêtre. Il a cru à un nuage ordinaire. Cinq minutes plus tard, c’était les voisins et la police qui frappaient : « Prenez votre argent, prenez vos papiers, et sortez. » Il a déjà passé deux nuits dans ce gymnase.

Les époux Smith, Martin et Elizabeth, 63 et 65 ans, originaires du Dorset, viennent de quitter l’abri. Martin doit rentrer au Royaume-Uni, Elizabeth espère finir ses vacances dans un camping. « Je n’avais jamais rien vu comme ça. On voit ça dans les films, mais jamais dans la vie réelle », souffle-t-il. Pourtant, il garde son calme et assure que cette expérience ne lui a pas coupé l’envie de revenir en Espagne. L’incendie, parti d’un câble électrique tombé au sol, a rasé ce qui était pour beaucoup un rêve de retraite paisible. Mais dans les regards, la peur reste tapie, et le silence des cloches pèse.

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