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Sous les décombres de Gaza, des bénévoles sauvent des siècles d’histoire

Alors que la guerre a réduit une grande partie de Gaza en ruines, des volontaires s’activent pour préserver mosaïques, archives et objets vieux de…

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Sous les décombres de Gaza, des bénévoles sauvent des siècles d'histoire

Alors que la guerre a réduit une grande partie de Gaza en ruines, des volontaires s’activent pour préserver mosaïques, archives et objets vieux de plusieurs millénaires. Leur mission, un message de résistance silencieuse à travers la mémoire.

Dans le sud de la bande de Gaza, sous une grande tente plantée au milieu du chaos, une vingtaine de bénévoles travaillent au calme. Munis de pinceaux, de gants, ils nettoient délicatement des mosaïques en pierre millénaires. À quelques mètres, le paysage n’est que décombres et destruction. Eux, ils remettent de l’ordre dans l’histoire. Mohammed Abou Lahia, artiste plasticien, résume l’urgence. Plusieurs mosaïques ont déjà disparu ou ont été brisées en morceaux. Leur travail, c’est de faire revivre cet art, de le transmettre aux enfants, à la communauté. Et d’envoyer un signal fort au monde sur l’attachement des Palestiniens à leur patrimoine.

Derrière les trésors archéologiques les plus spectaculaires, il y a aussi tout un quotidien oublié. Sous la tente, Mouhannad Abou Lahia, expert de l’association Mayasem pour la culture et les arts, montre une pierre de 5 000 ans, un mortier pour broyer des céréales et des herbes. Des pièces sont déjà classées, rangées sur des étagères, parfois dans des boîtes en plastique hermétiques. Les bénévoles ont dû bricoler avec les moyens du bord. Israël contrôle strictement ce qui entre dans le territoire, alors les outils professionnels de conservation n’ont pas pu être acheminés. Ils ont monté un scanner improvisé avec un appareil photo fixé au-dessus d’une boîte tapissée de papier noir, pour numériser de vieilles photos et des documents. Ces archives, ce sont aussi des cartes de Khan Younès datant du mandat britannique, des robes brodées, des journaux intimes. Taghreed Hajjari, 29 ans, explique qu’ils sont allés interroger les habitants les plus âgés, recueillir leurs récits de vie pour les léguer aux générations futures.

Mais tout n’est pas accessible. Au-delà de la « ligne jaune », la démarcation entre les zones sous contrôle israélien et celles tenues par le Hamas, les bénévoles ne peuvent pas se rendre. Israël affirme désormais contrôler plus de 60% de la bande de Gaza, et les objets précieux restent enterrés ou inaccessibles sous les gravats. Pourtant, le travail continue. Autour d’une table, trois femmes reconstituent une mosaïque contemporaine, fragment par fragment, en s’aidant d’une photo imprimée. Ce qui est sauvé n’est pas seulement un morceau d’Antiquité. C’est une preuve que malgré les bombes et l’effacement, une communauté tient à raconter qui elle était, qui elle reste.

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