Politique
Boris Nadejdine, l’opposant russe qui affronte Poutine et la prison
Menacé de prison pour avoir partagé une photo de Navalny, Boris Nadejdine continue de dénoncer la politique de Vladimir Poutine. Il alerte sur une…


Menacé de prison pour avoir partagé une photo de Navalny, Boris Nadejdine continue de dénoncer la politique de Vladimir Poutine. Il alerte sur une possible catastrophe et tente de se présenter aux législatives malgré les obstacles.
Ce vendredi, Boris Nadejdine doit comparaître devant un tribunal de la banlieue de Moscou. L’opposant russe de 63 ans est poursuivi pour « démonstration de symboles extrémistes », une infraction administrative qui peut lui valoir jusqu’à quinze jours de détention. En cause, une publication sur sa chaîne Telegram en 2023 où il annonçait une émission d’une autre opposante. À la 48e minute de cette émission, une photo d’Alexeï Navalny apparaissait quelques instants. Depuis, les autorités russes considèrent les images de Navalny comme des symboles d’une organisation extrémiste. Nadejdine trouve ces accusations ridicules. Il les compare à une situation où quelqu’un serait accusé d’extrémisme simplement pour être entré dans un appartement où se trouve un portrait de Navalny. Pour lui, c’est du délire pur.
Son avenir politique est désormais très compromis. Il voulait se présenter aux élections législatives de septembre pour siéger à la Douma. Mais la semaine dernière, il a été placé sur la liste des « agents de l’étranger », un statut qui impose de nombreuses contraintes sous peine d’amendes ou de prison. Et il vient d’apprendre qu’une interdiction de quitter la Russie lui a été notifiée. Malgré tout, il affirme vouloir rester dans son pays, agir dans le cadre légal et dire la vérité aux gens. Selon lui, la politique menée par Vladimir Poutine conduit le pays vers le chaos et peut-être une catastrophe. Il estime que cette répression judiciaire est liée à sa popularité grandissante, car le Kremlin redoute l’apparition d’un véritable député d’opposition à la Douma.
Boris Nadejdine fait partie des très rares voix critiques encore libres en Russie. Depuis le début de l’offensive en Ukraine, le pouvoir a emprisonné des centaines d’opposants. Les autres sont morts ou vivent en exil. Lui, ancien député, avait déjà tenté de se présenter contre Poutine à la présidentielle de mars 2024, mais sa candidature avait été rejetée pour des irrégularités dans la collecte de signatures. Aujourd’hui, il continue de plaider pour un changement de pouvoir pacifique. Il appelle les citoyens à ne pas voter pour le parti au pouvoir. Mais avec les poursuites qui s’accumulent, sa marge de manœuvre se réduit chaque jour un peu plus.
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