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Des robots sous-marins explorent les glaciers du Groenland qui fondent à toute vitesse

Une mission scientifique hors norme vient de quitter le Royaume-Uni direction le Groenland. À bord, une armée de drones et de mini-sous-marins pour…

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Des robots sous-marins explorent les glaciers du Groenland qui fondent à toute vitesse

Une mission scientifique hors norme vient de quitter le Royaume-Uni direction le Groenland. À bord, une armée de drones et de mini-sous-marins pour traquer les causes de la fonte accélérée de la calotte glaciaire.

Le navire polaire RSS David Attenborough a levé l’ancre jeudi depuis le port de Harwich, dans le sud-est de l’Angleterre. À son bord, plusieurs dizaines de scientifiques internationaux embarquent pour une expédition de cinq semaines. Leur cible : les fjords du sud-est du Groenland, où la glace fond à un rythme inquiétant. Le projet, financé par le Royaume-Uni, représente un investissement de près de 24 millions d’euros.

Pourquoi envoyer autant de monde et de matériel ? Parce que la calotte glaciaire du Groenland est un géant fragile. Elle renferme des millions de kilomètres cubes d’eau douce, et sa fonte s’accélère avec le réchauffement climatique. Mais étudier ce phénomène de près est extrêmement dangereux. D’immenses blocs de glace se détachent sans prévenir, rendant impossible l’approche humaine. C’est là que la technologie entre en jeu. Les chercheurs vont déployer des drones équipés de caméras haute résolution, mais aussi des robots sous-marins autonomes capables de plonger à plusieurs centaines de mètres. « Les robots marins peuvent s’approcher au plus près de la glace, là où les humains ne peuvent pas aller », explique Kelly Hogan, géophysicienne marine et cheffe de l’expédition.

L’objectif est de collecter des données ultra-précises. Car les scientifiques l’admettent : ils ne comprennent pas encore vraiment comment l’eau de l’océan fait fondre la glace. Or ces informations sont cruciales pour anticiper l’avenir. La fonte du Groenland menace de perturber les grands courants de l’Atlantique, ces moteurs qui régulent le climat mondial. Le modèle climatique britannique prévoit un dérèglement dès les années 2040, notamment du gyre subpolaire de l’Atlantique Nord. Cela aurait des conséquences directes sur la pêche et les écosystèmes marins. Mais ces prévisions restent imprécises. « Le problème est tellement urgent », insiste Paul Holland, océanographe spécialisé dans la modélisation.

Il y a un autre géant dans la pièce : l’AMOC, ce vaste système de courants qui fonctionne comme un tapis roulant transportant la chaleur des tropiques vers le nord. Les scientifiques s’accordent à dire que l’AMOC s’affaiblit à cause de la fonte du Groenland. Mais personne ne sait à quelle vitesse il pourrait s’effondrer. Si cela arrivait, les conséquences seraient terribles : hivers beaucoup plus rigoureux en Europe du Nord, montée des eaux autour de l’Atlantique. Paul Holland le rappelle : « Nous savons avec certitude que l’augmentation des gaz à effet de serre rend plus probable ces scénarios les plus défavorables. » L’expédition espère réduire les incertitudes, avant qu’il ne soit trop tard.

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