Faits Divers
Begoña Gómez rattrapée par la justice
La femme du Premier ministre espagnol sera jugée pour trafic d’influence et détournement de fonds publics. Une décision judiciaire qui marque une étape…


La femme du Premier ministre espagnol sera jugée pour trafic d’influence et détournement de fonds publics. Une décision judiciaire qui marque une étape décisive dans une enquête ouverte depuis plus de deux ans.
Le tribunal de Madrid a tranché. Begoña Gómez, l’épouse du chef du gouvernement socialiste Pedro Sánchez, devra s’expliquer devant un jury populaire. Les charges retenues sont lourdes. Trafic d’influence et détournement de fonds publics, donc. En revanche, l’accusation de corruption a été abandonnée. La date du procès reste inconnue. Mais la décision est tombée lundi, rendue publique jeudi. Depuis avril 2024, un juge enquêtait sur elle pour savoir si elle avait profité de sa position de femme du Premier ministre pour obtenir des avantages privés. Elle et son mari nient fermement. Gómez dirigeait un master de management à l’université Complutense de Madrid jusqu’à la rentrée 2024. Elle est soupçonnée d’avoir utilisé les fonctions de son mari pour décrocher ce poste et obtenir des financements. On l’accuse aussi de s’être approprié un logiciel créé pour l’université et d’avoir employé une assistante payée par les fonds publics pour ses activités universitaires.
Cette affaire est devenue un véritable feuilleton judiciaire. À l’ouverture de l’enquête, Pedro Sánchez avait créé la surprise en suspendant ses fonctions pendant cinq jours. Il disait alors songer à démissionner, affirmant que ces accusations étaient une manœuvre politique pour le déstabiliser. Lui-même avait été convoqué comme témoin mais avait fait valoir son droit au silence, un droit prévu par la loi espagnole pour les proches de personnes visées. Begoña Gómez, de son côté, a multiplié les recours à chaque étape. En juin dernier, la justice lui avait confisqué son passeport et interdit de quitter le territoire. Elle avait contesté, demandant à se rendre à un sommet de l’Otan et à la remise de diplôme de sa fille à Londres. Elle avait finalement pu aller à ce deuxième événement. La décision de lundi lève désormais cette interdiction de sortie. Au siège du gouvernement, une source assure que Begoña Gómez est innocente et dénonce une affaire politique montée de toutes pièces par l’extrême droite sur la base de fausses informations.
Pedro Sánchez n’en est pas à son premier scandale familial. Son frère David a été condamné et interdit d’exercer toute fonction publique pendant neuf ans pour avoir utilisé l’influence de son aîné afin d’obtenir un emploi dans l’administration. Deux anciens proches de Sánchez sont aussi dans le viseur de la justice. Santos Cerdán et l’ex-ministre des Transports José Luis Ábalos ont été ou seront jugés pour corruption. Ce dernier a écopé de 24 ans de prison fin juin. Plus récemment, c’est l’ancien Premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, figure respectée de la gauche, qui a été inculpé pour trafic d’influence et pots-de-vin. L’opposition réclame la démission de Sánchez et des élections anticipées. Lui refuse catégoriquement. Son épouse continue de clamer son innocence.
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