Faits Divers
Cinq ans après, Cédric Jubillar mène les gendarmes aux ossements de sa femme
Il a fallu attendre cinq ans et demi pour que la vérité éclate. Mercredi, Cédric Jubillar a avoué le meurtre de son épouse Delphine. Jeudi, il a conduit…

Il a fallu attendre cinq ans et demi pour que la vérité éclate. Mercredi, Cédric Jubillar a avoué le meurtre de son épouse Delphine. Jeudi, il a conduit les enquêteurs sur le lieu où il dit avoir enterré le corps. Des ossements ont été retrouvés.
Pendant des années, Cédric Jubillar a clamé son innocence. Jusqu’à mercredi. Devant la justice, le peintre-plaquiste de 38 ans a reconnu avoir tué son épouse Delphine en décembre 2020. Un aveu qui a tout changé. Le lendemain, il a guidé les gendarmes vers un terrain situé à une douzaine de kilomètres d’Albi. Sur place, des ossements ont été exhumés. Deux fémurs notamment. Ils doivent être analysés par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie pour confirmer s’il s’agit bien des restes de l’infirmière de 33 ans. Les fouilles se poursuivent. Pour les enquêteurs, ce revirement est une confirmation du travail mené depuis le début. L’un d’eux confie que la défense avait longtemps contesté la version de l’accusation. Désormais, la réalité semble s’imposer.
Cette affaire a marqué le Tarn et toute la France. Delphine Jubillar avait disparu du domicile conjugal dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant le couvre-feu lié au Covid. Le couple était en instance de divorce. Elle s’apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme. Pendant plus de cinq ans, sans corps ni aveux, la justice s’est appuyée sur un faisceau d’indices pour condamner Cédric Jubillar à 30 ans de réclusion en octobre dernier. Mais lui a fait appel. Et voilà qu’il change de ligne. Ses avocats avancent qu’il n’a jamais eu l’intention de tuer sa femme. Ils évoquent une dispute qui aurait mal tourné, des coups mortels sans intention de donner la mort. Une version contestée par les parties civiles, qui rappellent qu’une ex-compagne de l’accusé a rapporté des confidences sur un étranglement.
Pour les proches de Delphine, cette découverte est un soulagement mêlé d’émotion. Depuis la disparition, les enfants du couple, aujourd’hui âgés de onze et six ans, vivaient dans l’incertitude. Leur père a été déchu de l’autorité parentale en décembre dernier. Ils sont confiés à leur tante maternelle. Pouvoir enfin enterrer leur mère, faire leur deuil, obtenir des réponses. C’est ce que leur avocat espère. Reste la question du procès en appel, prévu pour le 21 septembre à Toulouse. Les avocats de la défense jugent impossible de le tenir dans ces conditions. L’avocat des enfants partage cet avis. L’incertitude plane. Mais une chose est sûre : le silence de cinq ans vient de se briser.
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