Monde
Six nuits de bombes américaines sur l’Iran, la menace d’une guerre régionale
Les Etats-Unis ont frappé l’Iran pour la sixième nuit consécutive, ciblant des dizaines de sites militaires. Téhéran accuse Washington de viser des civils…


Les Etats-Unis ont frappé l’Iran pour la sixième nuit consécutive, ciblant des dizaines de sites militaires. Téhéran accuse Washington de viser des civils et promet de riposter sur toutes les infrastructures du Golfe.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée américaine a lancé une nouvelle salve de bombardements sur l’Iran. Des dizaines de cibles militaires ont été attaquées, notamment des sites de surveillance côtière, des défenses aériennes et des infrastructures logistiques. De l’autre côté, les autorités iraniennes dénoncent des frappes sur des ponts, un aéroport et une gare. Des explosions ont été entendues dans plusieurs villes du sud du pays, et la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve l’unique centrale nucléaire iranienne, a été touchée une deuxième fois en quelques heures.
L’Iran a immédiatement haussé le ton. Un porte-parole de l’armée a prévenu que si les infrastructures de la République islamique étaient visées, alors toutes les infrastructures de la région deviendraient des cibles légitimes. Dans la foulée, des attaques aériennes ont été signalées au Koweït et au Qatar. Les sirènes d’alerte ont retenti à deux reprises à Bahreïn. Téhéran affirme avoir ciblé des sites militaires américains au Koweït avec des drones explosifs, une escalade directe qui élargit le conflit au-delà des frontières iraniennes.
Sur le terrain, la population vit dans la terreur. Un habitant d’Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, raconte avoir compté au moins onze explosions d’une violence telle qu’il en tremble encore. La télévision d’État iranienne fait état de sept morts dans le bombardement de deux ponts près de Bandar Khamir. Le président américain Donald Trump avait menacé plus tôt dans la semaine de s’attaquer aux ponts et aux centrales électriques si les Iraniens refusaient de négocier. Aujourd’hui, ces menaces prennent une ampleur concrète et terrifiante.
Ces frappes sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril enterrent un peu plus les espoirs de paix. Le Pakistan, qui tentait une médiation, appelle les deux camps à reprendre les discussions. Mais le négociateur en chef iranien estime que l’accord signé en juin n’a plus aucune valeur tant que ses clauses ne sont pas respectées. Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz est de nouveau verrouillé par Téhéran, et les États-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens. Le trafic maritime se raréfie, mais les cours du pétrole restent étonnamment stables, autour de 85 dollars le baril. La diplomatie semble n’avoir plus qu’un fil à la main.
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