Politique
Andy Burnham, le rockeur du Nord à la conquête de Downing Street
Il a conquis Manchester avec ses bus publics et son look décontracté. Andy Burnham, nouveau Premier ministre britannique, promet de changer la donne.


Il a conquis Manchester avec ses bus publics et son look décontracté. Andy Burnham, nouveau Premier ministre britannique, promet de changer la donne.
Andy Burnham n’est pas un Premier ministre comme les autres. Ce fils de technicien télécom et de réceptionniste médicale, fier de ses origines ouvrières, a officiellement pris la tête du Parti travailliste ce vendredi. Il remplace Keir Starmer, un ancien avocat souvent perçu comme plus rigide. Lui, il aime le rock, le foot et les tee-shirts noirs. Sur son bras, une abeille ouvrière tatouée rappelle son attachement à Manchester. À 56 ans, il a déjà échoué deux fois à devenir chef du Labour, mais cette fois, il a réussi. Lundi, il emménagera au 10 Downing Street avec un objectif clair: faire fonctionner l’économie pour tout le monde, pas seulement pour une élite.
Sa force, il l’a construite à Manchester. Élu maire du Grand Manchester en 2017, il a transformé la ville de 3 millions d’habitants. Son grand succès: les transports. Il a repris les bus sous contrôle public et les a intégrés aux trams et aux trains, avec des tarifs abordables. Pendant la pandémie, il s’est battu contre Boris Johnson pour obtenir plus d’aide financière pour le Nord du pays. C’est là qu’il a gagné son surnom de « roi du Nord ». Son style décontracté lui vaut aussi des moqueries: la cheffe des conservateurs Kemi Badenoch l’a réduit à « une paire de cils et un tee-shirt noir ». Sa réponse? Un clin d’œil et une vidéo postée sur les réseaux sociaux, où il a rétorqué qu’il était en fait « bleu foncé », la couleur du Labour.
Sa jeunesse a été marquée par la musique et la culture bouillonnante de Manchester, surnommée « Madchester ». Étudiant à Cambridge, il dit avoir souffert du syndrome de l’imposteur à cause de ses origines modestes. Élu député en 2001, il a été ministre de la Culture, des Sports puis de la Santé sous Gordon Brown. Marié depuis 2000 à une femme d’affaires néerlandaise, il a trois enfants. Vendredi, il a révélé que son père souffre d’Alzheimer et a promis de réformer l’aide aux personnes âgées. Il prône aussi une décentralisation et veut réduire le coût de la vie. Mais son programme reste flou, et ses détracteurs l’accusent d’être un caméléon politique. En janvier, il dénonçait la dérégulation, la privatisation, l’austérité et le Brexit comme les quatre fléaux du pays. Aujourd’hui, il promet de respecter l’équilibre budgétaire pour rassurer les marchés. Reste à voir si ce socialiste pro-entreprises saura concilier ses ambitions et la réalité du pouvoir.
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