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Semi-conducteurs plongent, l’IA ne fait plus rêver les investisseurs

Les Bourses européennes ont terminé la semaine en baisse, pénalisées par le secteur des puces électroniques. Entre doutes sur la rentabilité de…

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Semi-conducteurs plongent, l'IA ne fait plus rêver les investisseurs

Les Bourses européennes ont terminé la semaine en baisse, pénalisées par le secteur des puces électroniques. Entre doutes sur la rentabilité de l’intelligence artificielle et flambée du pétrole, les marchés retiennent leur souffle.

À Paris, le CAC 40 a cédé 0,47% pour clôturer à 8.338 points. Francfort a perdu 0,34% et Londres a résisté grâce à la hausse des prix de l’énergie, avec un FTSE 100 en légère progression de 0,27%. Mais le vrai signal d’alarme vient du secteur technologique. L’indice Stoxx 600 spécialisé dans les semi-conducteurs a chuté de 2,41%, la plus mauvaise performance du jour. Partout en Europe, les fabricants de puces ont été vendus massivement. À Amsterdam, ASML, ASMI et BESI ont abandonné environ 4%. À Paris, STMicroelectronics a perdu 3,9% et Soitec 3,1%.

Pourquoi ce brutal retournement ? Jusqu’à récemment, l’intelligence artificielle était le moteur du rallye boursier. Les géants comme TSMC et ASML venaient de publier des résultats solides. Mais les investisseurs commencent à douter. Ces plans d’investissement colossaux dans l’IA vont-ils vraiment générer les rendements espérés ? La start-up chinoise Moonshot a dévoilé vendredi « Kimi K3 », un modèle d’IA ouvert aux 2.800 milliards de paramètres, qui rivalise avec les leaders américains. Cette annonce a ravivé les craintes d’une concurrence féroce et de coûts toujours plus élevés. Les analystes s’interrogent : jusqu’où les entreprises technologiques pourront-elles maintenir ce rythme d’investissement ?

Pendant ce temps, le pétrole flambe. Les frappes entre l’Iran et les États-Unis au Moyen-Orient ont fait grimper le Brent à 86,69 dollars le baril, soit une hausse de près de 3% en une seule journée. Sur la semaine, le brut gagne environ 14%, du jamais-vu depuis trois mois. Cette flambée ranime les craintes d’inflation et complique la tâche des banques centrales. La Banque centrale européenne doit annoncer sa décision de politique monétaire jeudi prochain. Les marchés anticipent un statu quo, mais une hausse des taux en septembre devient plus probable. Le rendement des obligations d’État allemandes à deux ans a d’ailleurs grimpé, signe que les investisseurs redoutent un resserrement monétaire.

Aux États-Unis, la tendance est similaire. Wall Street a également souffert, avec le Nasdaq en baisse de 1,05%. Nvidia, Applied Materials et Intel ont tous reculé. Netflix a plongé de 7,5% après des prévisions décevantes pour le troisième trimestre. Les indices américains sont sous pression, et le secteur technologique subit des dégagements. Du côté des indicateurs, le moral des ménages américains s’est amélioré en juillet, mais ce regain d’optimisme pourrait être fragilisé si la guerre au Moyen-Orient fait grimper durablement les prix de l’essence. La production industrielle, elle, a progressé au deuxième trimestre, portée par l’IA et les stockages de précaution liés aux tensions géopolitiques.

Enfin, sur le marché des changes, le dollar est stable mais en baisse sur la semaine. L’euro oscille autour de 1,14 dollar. La livre sterling, elle, s’apprécie face au billet vert, les investisseurs saluant un climat politique plus stable au Royaume-Uni avec l’arrivée prochaine d’Andy Burnham au poste de Premier ministre. En bref, l’euphorie de l’IA laisse place au doute, et la géopolitique ajoute une couche d’incertitude. La semaine prochaine sera décisive, avec la BCE sous les projecteurs.

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