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Sous la pinède calcinée, la guerre des pompiers contre le feu ne fait que commencer

Des centaines de soldats du feu creusent une brèche dans la forêt des Landes pour protéger les habitations. Entre épuisement et espoir, le combat contre…

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Sous la pinède calcinée, la guerre des pompiers contre le feu ne fait que commencer

Des centaines de soldats du feu creusent une brèche dans la forêt des Landes pour protéger les habitations. Entre épuisement et espoir, le combat contre un incendie de 2600 hectares s’organise autour de chaque fumerolle.

À l’entrée de Biscarrosse, le silence pèse. Puis il est brisé par le crépitement du sol. Des troncs noircis fument encore. Un officier du Sdis des Landes prévient que sous ces braises apparentes, tout peut encore flamber. Les hommes et les femmes qui arpentent la zone ont le visage marqué par la suie et la chaleur. Leur mission est claire gérer l’interface entre la forêt et les maisons. Une unité part traiter la lisière, une autre s’enfonce dans les ruelles désertes où les talus jaunis par la sécheresse rappellent que le moindre souffle de vent peut tout embraser.

Plus loin, un magasin d’électroménager n’est plus qu’une carcasse. Des fumées s’en échappent encore. Sur le parking, des appareils fondus témoignent de la violence du passage du feu. Les pompiers ne lâchent rien. Ils repèrent les points chauds un par un. Une jardinerie, un bosquet, un tas de branches tout est scruté. La forêt est à quelques mètres, menaçante, comme si elle retenait son souffle. Quelque 500 soldats du feu sont engagés depuis plus de 24 heures. Des maisons ont été détruites. Un autre magasin est parti en fumée. Et l’incendie, déjà, court sur 2600 hectares.

Alors que les vents d’ouest se préparent, une autre tactique se met en place. Des agents de la Défense de la forêt contre les incendies, appuyés par des agriculteurs avec leurs bulldozers et leurs citernes, entament un travail de coupe. L’idée est simple créer une rupture dans la végétation pour ralentir le feu et donner une chance aux pompiers. Sur une départementale devenue grise, un contre-feu est allumé. Un panache noir s’élève. De l’autre côté de la route, des étincelles se transforment en flammes en quelques minutes. La sécheresse est telle que le moindre départ de feu devient un brasier en puissance. Les tracteurs agricoles amènent de l’eau pour sécuriser les engins et remplir les camions-citernes. Tout le monde tient le même cap empêcher le feu de gagner.

À la caserne, transformée en ruche, les renforts nationaux et militaires arrivent par colonnes. Sur une grande carte, les chefs suivent chaque avancée. Un pompier dort au volant de son camion. D’autres s’allongent quelques minutes par terre. L’un d’eux lâche qu’il n’a pas fermé l’œil depuis plus de 24 heures. Certains comparent ce feu à celui de Landiras en 2022 pourtant ravageur mais ils disent que celui-ci est pire. Dans l’atelier, des mécaniciens bricolent un moteur auxiliaire défaillant. À côté, un pompier de Seine-Maritime ouvre une bouche d’incendie à la manivelle. Il faut 12 minutes pour remplir un camion de 3500 litres d’eau. Une fois sur le front, les lances déversent tout en 20 minutes. Et puis on recommence. Encore et encore. Jusqu’à ce que le feu cède.

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