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Des soignants d’Ebola en RDC menacent de jeter la blouse faute de salaire
Ils sont en première ligne face au virus, mais depuis deux mois, ils soignent sans être payés. À bout, les médecins et infirmiers de l’est de la RDC ont…

Ils sont en première ligne face au virus, mais depuis deux mois, ils soignent sans être payés. À bout, les médecins et infirmiers de l’est de la RDC ont lancé un ultimatum avant une grève totale.
Depuis la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola le 15 mai, le personnel soignant du centre de traitement de Rwampara, dans la province de l’Ituri, s’occupe des malades sans voir la couleur de son salaire. Le Dr Pascal Bahoya résume la situation : « Nous continuons à les soigner parce que c’est notre serment, mais nous travaillons dans des conditions très difficiles. » Lundi, la colère a débordé : des pneus ont été brûlés, les accès au centre bloqués temporairement. Un ultimatum de 48 heures a été posé pour que les salaires et les primes soient versés. Passé ce délai, les soignants promettent une « grève sèche », sans aucun service minimum.
Le dernier bilan des autorités congolaises, publié mardi, donne le vertige : 719 morts et 1 963 contaminations. Parmi les soignants, 112 cas de transmission ont été enregistrés, dont 35 décès. Dans la seule localité de Rwampara, épicentre de l’épidémie avec 384 cas et 89 morts, les équipes médicales tiennent sous pression. « Certains collègues sont découragés, mais nous assurons notre mission », explique le Dr Jérémie Bataga. Un milliard et demi de dollars ont pourtant été mobilisés par la communauté internationale pour soutenir la riposte sanitaire, mais sur le terrain, l’argent n’arrive pas jusqu’aux poches des soignants.
Le ministre de la Santé Samuel Roger Kamba, en visite en Ituri jeudi, a reconnu « des retards de paiement » et promis de résoudre le problème organisationnel. Mais l’épidémie ne fait pas de pause. Cinq provinces de l’est du pays sont touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. Vingt cas, dont deux morts, ont aussi été signalés en Ouganda voisin. Et cette fois, le virus en cause est le Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement. Un essai clinique testant deux traitements est en cours. Les sources humanitaires sur place estiment que les bilans officiels sous-estiment l’ampleur réelle de l’épidémie, qui aurait commencé plusieurs mois avant sa détection. Pendant ce temps, ceux qui risquent leur vie pour sauver les autres attendent, impuissants, d’être payés.
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