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L’Iran enterre son guide suprême sous un flot de drapeaux et d’appels à la vengeance

Des millions de personnes ont envahi les rues de Téhéran pour les funérailles d’Ali Khamenei. Une démonstration d’unité nationale alors que le pays…

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L'Iran enterre son guide suprême sous un flot de drapeaux et d'appels à la vengeance

Des millions de personnes ont envahi les rues de Téhéran pour les funérailles d’Ali Khamenei. Une démonstration d’unité nationale alors que le pays enterre celui qui l’a dirigé pendant trente-cinq ans.

La foule était immense. Des artères entières de la capitale iranienne se sont transformées en un fleuve humain, noir de monde, sur des kilomètres. Sous une chaleur écrasante de plus de 35°C, le cortège funèbre du guide suprême décédé a mis près de dix heures à parcourir vingt kilomètres. L’espace aérien était bouclé, la journée déclarée fériée. La télévision d’État a parlé de plusieurs millions de participants, un chiffre comparable aux funérailles de l’ayatollah Khomeini en 1989. Le cercueil, recouvert de fleurs et coiffé du turban noir emblématique, a fendu une marée de drapeaux et d’affiches. Sur ces banderoles, une revendication revenait sans cesse : réclamer la tête des dirigeants américain et israélien, Donald Trump et Benjamin Netanyahu.

Ce déferlement populaire n’a rien d’un hasard. Il intervient après quarante jours de bombardements israélo-américains, dans lesquels l’ayatollah a péri fin février. Le pouvoir iranien avait appelé les citoyens à se mobiliser massivement pour défier ses ennemis jurés. Un homme de 58 ans, déjà présent en 1989, témoigne que tout le monde parle de vengeance. Pour lui, c’est une nécessité absolue, sinon ce sera pire plus tard. Une étudiante de 22 ans dit être venue pour montrer au monde entier combien ils aimaient leur guide et combien ils sont attachés au système et à la République islamique. Le président Massoud Pezeshkian a lui-même marché dans la procession, tout comme le chef de la diplomatie et même l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, pourtant en froid avec le défunt.

Mais un homme manquait à l’appel : Mojtaba Khamenei, le fils et successeur désigné du guide suprême. Depuis sa nomination, ce dirigeant de 56 ans, blessé au début de la guerre, reste invisible. Aucune apparition publique depuis trois jours d’hommage national qui en durent six. Son absence intrigue et alimente les spéculations. Pendant ce temps, le corps de l’ancien guide a été transporté par hélicoptère vers la ville sainte de Qom, puis exposé dans des sanctuaires en Irak avant son inhumation prévue jeudi dans sa ville natale de Machhad. Les autorités ont pris soin d’escorter le camion à toit ouvert transportant la dépouille de Khamenei et celles de ses proches tués avec lui, dont une petite-fille de quatorze mois. Elles redoutent un incident comme celui de 1989, quand la foule en transe avait déchiré le linceul de Khomeini et fait tomber son corps à terre. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts et des milliers de blessés. Cette fois, le pouvoir veut éviter à tout prix que l’histoire ne se répète.

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