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Une collégienne népalienne de 12 ans a tout perdu dans les flots, sauf son rêve

Les inondations qui ont frappé le Népal le 26 août ont séparé des centaines d’enfants de leurs familles. Ritu Maya Tamang, douze ans, a vu sa mère…

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Une collégienne népalienne de 12 ans a tout perdu dans les flots, sauf son rêve

Les inondations qui ont frappé le Népal le 26 août ont séparé des centaines d’enfants de leurs familles. Ritu Maya Tamang, douze ans, a vu sa mère emportée par les eaux, mais garde un objectif intact, devenir médecin.

Ritu Maya Tamang n’a que douze ans, et pourtant elle connaît déjà la vitesse à laquelle une famille peut se briser. Le 26 août, une vague d’eau, de boue et de débris a déferlé sur le district himalayen de Rasuwa. Sa mère, employée comme femme de ménage dans les bureaux d’un chantier de barrage installé au bord de la rivière Trishuli, n’a pas pu fuir. Son corps n’a toujours pas été retrouvé. La fillette, elle, doit sa survie à une simple absence. Ce jour-là, elle était en classe.

Aujourd’hui, Ritu est hébergée dans un centre d’apprentissage géré par l’ONG Save the Children, dans le district de Nuwakot. Sa petite sœur lutte contre une pneumonie à l’hôpital, et leur père ne quitte pas son chevet. De sa mère, il ne lui reste qu’un objet, un masque noir qu’elle conserve dans son sac. La collégienne refuse pourtant de laisser la catastrophe décider de son avenir. Devenir médecin, voilà ce qu’elle veut. « Je fais des cauchemars au sujet de l’inondation. Mais je fais aussi des rêves », glisse-t-elle, timide, dans le centre.

Son histoire est loin d’être isolée. Au Népal, au moins 540 enfants ont été séparés de leurs parents et vivent dans les camps dressés pour accueillir les dizaines de milliers de sinistrés. Le bilan humain reste provisoire et lourd, avec au moins 1 385 morts et plus de 5 130 disparus à travers le pays. Dans une école de fortune installée sous des tentes, l’enseignante Shanti Sapkota se souvient de sa première rencontre avec ces élèves. Tous répétaient les mêmes phrases, « ma maison a été emportée », « mon père a été emporté », « ma mère a été emportée ». Peu à peu, dit-elle, ils sortent de cet état d’esprit.

Face à l’ampleur du drame, les autorités népalaises ont annoncé cette semaine une mesure d’envergure. Les enfants touchés pourront poursuivre leur scolarité jusqu’au lycée, avec un soutien qui va de l’hébergement en internat à des bourses couvrant l’intégralité des frais. Un premier programme, doté de 6,5 millions de dollars (5,6 millions d’euros), doit venir en aide à un millier d’élèves. Le ministre de l’Éducation Sasmit Pokharel a précisé que la priorité irait aux enfants ayant perdu leurs tuteurs, promettant que l’État resterait à leurs côtés.

Reste le plus difficile, la trace laissée dans les têtes. Dans le centre de Nuwakot, la psychologue Ekta Shreshtha observe des réactions inquiétantes chez les plus jeunes, qui sursautent au moindre bruit inhabituel. Beaucoup dorment mal et se replient sur eux-mêmes, même s’il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Pour les aider, elle mise sur des jouets et des activités ludiques, capables de leur offrir une parenthèse. « Un jour ou l’autre », prévient-elle, « la douleur finira par ressurgir ».

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