Europe
Un proche de Siemens devient conseiller IA à Bruxelles, des eurodéputés tirent la sonnette d’alarme
Jim Hagemann Snabe, ancien patron de SAP et président du conseil de surveillance de Siemens, vient d’être nommé conseiller spécial de la Commission…

Jim Hagemann Snabe, ancien patron de SAP et président du conseil de surveillance de Siemens, vient d’être nommé conseiller spécial de la Commission européenne pour l’intelligence artificielle dans l’industrie. Une quarantaine de parlementaires de gauche et écologistes crient au conflit d’intérêts et exigent plus de transparence.
L’affaire commence début juin. La Commission européenne confie une mission de taille à Jim Hagemann Snabe, un poids lourd de l’industrie technologique. Son job rédiger un rapport sur l’IA dans l’industrie et aider l’Union européenne à atteindre ses objectifs dans ce domaine. Une nomination qui s’appuie sur son expérience professionnelle, mais qui soulève aujourd’hui de sérieuses questions.
Car Jim Hagemann Snabe n’est pas un expert neutre. Il préside le conseil de surveillance de Siemens, un géant allemand directement concerné par les futures règles européennes sur l’intelligence artificielle. Et les eurodéputés des groupes S&D, Verts et The Left ne goûtent pas ce mélange des genres. Dans une question écrite adressée à l’exécutif européen, ils pointent un risque précis Siemens a récemment fait pression contre certaines règles de l’UE sur l’IA qui touchent le secteur industriel. Désormais, l’un de ses hauts responsables va conseiller ceux qui écrivent ces règles. Une situation que les élus jugent problématique.
Concrètement, ils demandent que la Commission publie la déclaration d’intérêts de Jim Hagemann Snabe. Ils veulent aussi comprendre comment sa nomination a été décidée et surtout comment Bruxelles compte empêcher qu’un acteur industriel bénéficie d’un accès privilégié et exerce une influence indue sur la politique européenne de l’IA. « C’est la méthode que nous critiquons », résume l’élu italien Brando Benifei (S&D). Il dénonce une décision prise au sommet, une proximité avec certaines industries et des obligations de transparence traitées comme un simple obstacle. La Commission, de son côté, avait défendu cette nomination la semaine précédente en misant sur l’expertise du conseiller. Mais pour la quarantaine de parlementaires, cette histoire illustre un problème plus large le manque de garde-fous entre les intérêts privés et les choix publics sur un sujet aussi stratégique que l’intelligence artificielle.
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