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Un procès pour un blogueur en sursis à Rennes

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Neuf hommes sont jugés à Rennes pour la tentative d’assassinat d’un dissident azerbaïdjanais réfugié en France, une affaire qui interroge sur la liberté d’expression face à un régime autoritaire.

Le procès de neuf individus soupçonnés d’avoir participé à la tentative de meurtre d’un blogueur azerbaïdjanais critique du régime de Bakou s’est ouvert mardi devant une cour d’assises spéciale à Rennes. L’audience se déroule sous haute protection, avec des contrôles d’identité et des fouilles systématiques aux abords du palais de justice, même pour les avocats et le personnel judiciaire. Dans la salle, des cabines de traduction ont été installées pour quatre langues, et les accusés présents, dont deux sont en fuite, comparassent encagoulés.

Mahammad Mirzali, 32 ans, a été grièvement blessé de plusieurs coups de couteau le 14 mars 2021 à Nantes. Depuis, il vit sous protection policière permanente dans un lieu tenu secret, et une cicatrice visible marque sa nuque. Son avocat, Me Henri Carpentier, a souligné que ce procès dépasse la simple agression : il s’agit de la défense du droit de critiquer un régime qualifié d’autoritaire et de kleptocratique. Le blogueur, qui anime une chaîne YouTube et un blog suivis par des centaines de milliers de personnes, a obtenu le statut de réfugié politique en France en 2015.

Les commanditaires de l’attaque n’ont jamais été officiellement identifiés, mais l’avocat de la partie civile affirme que les pistes mènent au plus haut niveau de l’État azerbaïdjanais. Mirzali a d’ailleurs été condamné par contumace en 2025 à six ans et demi de prison dans son pays d’origine. Le principal accusé, un homme arrêté avec un passeport moldave sous le nom d’Andrei Topal, serait en réalité Emin Qasimov, un membre présumé d’un clan de la mafia russophone. Interrogé sur son identité, il s’est présenté comme Emil Topal, né en Azerbaïdjan d’un père moldave, et a nié tout lien avec ce pays. Avec un complice, il répond de tentative de meurtre en bande organisée, un crime passible de la réclusion à perpétuité. Les six autres prévenus sont jugés pour complicité et association de malfaiteurs. Le procès pourrait durer jusqu’au 12 juin.

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