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L’Opep+ ouvre les vannes malgré la tempête au Moyen-Orient

Sept pays du cartel ont validé une hausse des quotas pour septembre. L’idée d’une pause dans ce cycle n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour.

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L’Opep+ ouvre les vannes malgré la tempête au Moyen-Orient

Sept pays du cartel ont validé une hausse des quotas pour septembre. L’idée d’une pause dans ce cycle n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour.

Lors d’une réunion en ligne, l’Arabie saoudite, la Russie et cinq autres membres de l’Opep+ ont décidé d’augmenter leur production de pétrole de 188 000 barils par jour en septembre. C’est le même rythme que les mois précédents. Le communiqué du cartel ne souffle mot d’un éventuel arrêt de cette hausse progressive, pourtant très attendue par les observateurs.

Ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large. Entre fin 2022 et 2023, l’Opep+ avait fortement réduit sa production pour enrayer la chute des cours. Au total, près de 6 millions de barils par jour avaient été retirés du marché, via trois tranches de coupes. Mais depuis 2025, le groupe a inversé la tendance et réinjecte progressivement du brut. Deux de ces trois tranches ont déjà été annulées. Résultat, selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, le cartel n’a pas vraiment intérêt à se précipiter pour modifier encore son offre. Son scénario central prévoit une pause au quatrième trimestre.

Mais cette hausse théorique des quotas ne se traduit pas forcément en barils supplémentaires sur le marché. Plusieurs membres du groupe ne parviennent plus à produire autant qu’avant. La guerre au Moyen-Orient a compliqué la donne. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le brut, est paralysé par les manœuvres iraniennes. En juin, un accord entre Téhéran et Washington avait redonné un peu d’air au transport maritime et les chiffres de l’Opep montraient une production en hausse par rapport à mai. Mais la reprise des combats en juillet a tout fait basculer. La navigation a de nouveau chuté dans le détroit et la mer Rouge est devenue plus risquée. La Russie, elle, voit ses infrastructures attaquées par des drones ukrainiens et peine à s’approcher de son objectif de 9,8 millions de barils par jour, avec une production autour de 9 millions. Pour Jorge Leon, la géopolitique cache pour l’instant l’ampleur réelle de l’augmentation de l’offre. Une fois les routes stabilisées, la situation sera plus claire.

En parallèle, l’Opep+ prépare l’avenir. Le groupe travaille sur les niveaux de capacité maximale durable de chaque pays, explique Giovanni Staunovo, analyste chez UBS. Cette évaluation servira de base à une refonte des quotas à partir de l’année prochaine. Des discussions potentiellement difficiles, préviennent les analystes de DNB Carnegie. Certains pays, comme l’Irak, veulent clairement produire plus. La cohésion du groupe tient pour l’instant, souligne Jorge Leon, mais le départ des Émirats arabes unis en mai dernier a montré les limites de l’exercice. Abou Dhabi, qui a multiplié les investissements pour augmenter sa capacité, a quitté l’organisation en évoquant ses objectifs stratégiques de long terme, un choix difficilement compatible avec des quotas trop restrictifs.

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