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Lula lance sa bataille contre l’ombre de Trump et le clan Bolsonaro
Le président brésilien Lula veut un quatrième mandat. Son principal adversaire s’appelle Flavio Bolsonaro et l’influence de Washington plane sur tout le…


Le président brésilien Lula veut un quatrième mandat. Son principal adversaire s’appelle Flavio Bolsonaro et l’influence de Washington plane sur tout le scrutin.
Dimanche, à São Paulo, Lula sera officiellement investi candidat du Parti des travailleurs. À 80 ans, il tente un nouveau pari, un retour gagnant après avoir déjà dirigé le pays de 2003 à 2010. L’ancien ouvrier métallo, devenu la figure majeure de la gauche brésilienne, se présente pour la septième fois. Sa priorité affichée, protéger la souveraineté du Brésil face aux pressions venues des États-Unis de Donald Trump.
Dans son viseur, Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Ce dernier est aujourd’hui détenu pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir malgré sa défaite en 2022. La campagne est déjà marquée par le locataire de la Maison Blanche, allié de la famille Bolsonaro. Trump a récemment appuyé plusieurs candidats de droite en Amérique latine. Sur le plan commercial, Washington a frappé le Brésil avec des droits de douane en juillet, après une première salve l’an dernier. Lula a trouvé sa réponse, dénoncer les ingérences étrangères. « Au Brésil, nous n’acceptons pas que quiconque fourre son nez là où il n’est pas invité », a-t-il lancé. Il va même plus loin en qualifiant Flavio Bolsonaro de « traître à la patrie ». Le principal intéressé rejette ces accusations.
Mais le duel s’annonce serré. Les sondages donnent Lula à 48% des intentions de vote au second tour, contre 43% pour son rival. Le pays reste profondément divisé. En 2022, l’écart était mince. Côté bilan, Lula peut mettre en avant une croissance solide et un niveau d’emploi record. Mais le coût de la vie pèse sur les familles et les déficits publics se creusent. Surtout, l’insécurité est devenue la première préoccupation des Brésiliens. Dans les quartiers populaires, des dizaines de millions de personnes vivent sous la coupe du crime organisé.
La corruption s’invite aussi dans la campagne. Deux enquêtes judiciaires secouent le terrain. La première vise Flavio Bolsonaro, soupçonné d’avoir demandé des fonds à un banquier accusé de fraude massive pour financer un film sur son père. La seconde a été ouverte cette semaine contre un fils de Lula, surnommé « Lulinha », pour des soupçons de corruption et de trafic d’influence. Un rappel douloureux pour le président sortant, qui a passé 580 jours en prison en 2018-2019 dans une affaire de corruption. Sa condamnation a ensuite été annulée pour des raisons de procédure et la partialité du juge. Lula connaît donc le poids de ces affaires, et il sait que rien n’est joué.
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